ARZEW PERDU

Céline

Bonjour ! La dernière mise à jour est ci dessous.

Mes récits écrits avec ma Nostalgie

LE QUINZOUT DE CELINE

 

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Souvenir du 15 aout

 Apres avoir passé une soirée délicieuse, veille du 15 août, à danser jusqu’à l’aube, sur notre coquette place du kiosque de notre village, la journée du lendemain s’annonçait  pleine de promesse et d’encouragement. Le soleil déjà décochait ses rayons sur la mer encore endormie, zone bien déterminée où devait se dérouler  nos plus belles équipées. La plage, le sable et ses jeux, la sortie en mer de la Ste vierge sur l’amphibie de la marine, escortée de quelques frégates et ses officiers, et notre bel  enthousiasme à vouloir embarquer  sur n’importe quel  chalutier,  pour suivre le sillage de la sainteté,  afin de recevoir la bénédiction du curé Podesta.

 La procession en mer se terminait par un plongeon des plus spectaculaires dans une eau clémente et paradisiaque, évoquant le paradis sur terre. Apres quelques mètres de nage, nous atteignions  le rivage, lequel était noir de monde, de tous les coins de l’Oranie, on venait faire provision de soleil et de joie, notre belle station balnéaire séduisait la jeunesse  comme les plus anciens, on venait pour la mer et ses plaisirs, pour la fête qui n’avait pas son pareil, laquelle nous captiver par son côté festif et distrayant. Les baraques, les attractions, les jeux, tout un  amalgame de plaisirs, sensations fortes et émotions.

Chacun avait convenu de son petit coin pour déguster à midi, les oursins ramassés tôt le matin dans les rochers ainsi que  les arapèdes pour siroter l’anisette, en attendant de déguster la paella plat incontournable de nos fêtes au bord de l’eau,  et les monas. Le choix était fait, un petit bout de plage et sa calanque,  le cabanon au cap Carbon pour les plus veinards,  ou encore l’ombre fraiche des cabanons sur pilotis à Damesme, le moindre endroit suffisait à mettre nos sens en ébullition, chacun à la recherche de son lieu enchanteur, pourvu que la mer très proche nous endorme par son doux clapotis à l’heure de la sieste. Pour les plus chanceux, ceux du cap carbon où l’air du grand large ne manquait pas, on faisait volait la « bilotcha » laquelle narguait ceux d’en bas en faisant  crisser ses longues franges de papiers multicolores au-dessus de notre djebel écrasé de chaleur.

Que la vie était belle ! 

 La soirée se terminait à nouveau par le bal au jardin public, animé par l’orchestre Ayéla, où Jean Cristo, où encore Louis Legrand, lesquels nous transportaient dans un tourbillon d’allégresse dû à la vertu que l’on attribue à la jeunesse. C’est ce que nous avons laissé là-bas, nos dix-sept ans,  nous  les adolescents  que nous étions au moment de l’exode, nos beaux jours, la nostalgie ne nous a jamais quitté, on nous a privé de ce beau vécu, on ne demandait rien d’autres, nous étions si heureux chez nous, la preuve 56 ans après on parle toujours du pays avec la même émotion, il nous manquera jusqu’à la fin de notre vie. Ce qui compte aujourd’hui c’est de pouvoir le faire revivre par de gentilles anecdotes, de jolis souvenirs comme  ceux que je viens de vous décrire, et comme nous le faisons depuis 14 ans sur le site d’Arzeweb.com en cette année 2018.

Alors bon 15 aout à tous et à toutes, même si nous sommes  loin du cap carbon, chacun  se remémorera ces instants d’infini bonheur et satisfaction  que notre suprême et divin Arzew ait pu nous offrir. Consolons nous, rien que d’y penser, grosses bises à tous !

 


OUVRE TES HAUTS PARLEURS STP


OUVRE TES HAUTS PARLEURS STP !


BONNE FÊTE MAMAN

LE vase !

Lors d’un petit écrit, évoquant ma rue et son voisinage, je vous avais parlé d’un fervent jardinier, passionné de roses, Mr Linarez, secrétaire de mairie, qui avait sa propriété à 50 mètres de chez nous,  plantée exceptionnellement de rosiers, lesquels me fascinèrent par leur diversité et leur contraste, et à mon âge, 11 ans à l’époque,  j’avais trouvé normal et naturel,  qu’il me satisfasse  en me cueillant quelques-unes de ces variétés, à l’occasion de la fête des mamans. Là n’est pas l’essentiel de mon récit, car bien entendu ce gentil voisin ne voyait aucun inconvénient à me faire plaisir un jour pareil, surtout avec les mille et une roses  qui embellissaient  son jardin, il refermait mes doigts sur les piécettes que je lui présentais, c’était touchant, et toujours avec le sourire. Donc, une année, à l’occasion d’une fête des mamans, ou je fus un peu plus riche qu’à l’accoutumée, je décidais de lui offrir en plus du bouquet,  le vase qui allait de pair avec les roses,  afin de prolonger leur fraîcheur comme leur beauté. Je descendis au village, à la quincaillerie de Me Giménez (rue d’Isly) ,un lien de parenté nous unissait, un bazar où s’entassaient  pêle-mêle toutes sortes d’objets et bibelots, pour choisir le vase. De suite, j’eus un coup de cœur pour l’un d’eux, couleur vieux rose, en verre granité légèrement transparent. Elle me l’emballa soigneusement,  je crois me souvenir que j’eus droit à une petite remise, je ne fus pas étonnée, car je connaissais son grand cœur, puis après un rapide entretien, et quelques paroles  furtives, je partis avec mon  trophée, enchantée d’avoir pris toute seule cette toute nouvelle résolution, je me trouvais tout à coup une négociatrice très habile, et à 11 ans on se sent pousser des ailes, j’étais très fière de mon emplette.

Le dimanche donc  de cette fête des mamans, je me précipitais chez mon voisin pour récupérer mon bouquet fraîchement cueilli, afin de lui offrir à maman avec son vase, tout cela avant de partir pour la messe, le temps était donc compté. La surprise fut aussi glorieuse que mon investigation restait et restera  mémorable, on se prit dans les bras, l’une et l’autre pour un émouvant et attendrissant baiser, ce présent l’avait enchantée. Mon récit ne s’arrête pas là, car je vais vous faire une douce confidence, ce vase, je le possède désormais, depuis le décès de maman,  je le protège et ne le sort jamais de peur qu’il ne se brise, je me contente de le regarder afin de revivre dans mes pensées ce beau jour d’amour et de complicité, avec ma maman, et le bon cœur du jardinier.

Ce vase a connu comme nous l’exode, comme nous il à traversé la mer, sans aucune avarie, sans aucun dommage, maman avait du bien prendre soin de lui, comme  d’autres objets qui sont devenus au cours du temps des reliques. Aujourd’hui il siège chez moi,  dans un endroit secret et à l’abri de toute déconvenue, tel un ciboire sacré dans son tabernacle,  j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux, car tous les souvenirs liés à cette époque sont pour moi, aussi sacrés. Cette année, exceptionnellement  pour la fête des mamans, je vais faire une entorse à la règle, il trônera au milieu de la table avec son beau bouquet de rose, et ma famille réunie autour de cette table de fête.  Je vais faire un saut  d’une bonne soixantaine d’années en arrière, et retrouver ce bel âge de l’insouciance, et l’atmosphère particulière de ce jour plein de tendresse, pour encenser ce souvenir.   Je sens qu’une  larme coulera discrètement le long de mes joues, quand j’entreverrais à travers la transparence du vase, et la volupté des roses,  le doux regard  de ma maman, ce sera le plus beau cadeau que je  pourrais lui offrir à travers les nues  qui nous séparent.

Une petite photo  du vase accompagne ce récit, car votre curiosité va être mise à dure épreuve. En hommage à toutes les mamans du monde, car l’on dit que toutes les mamans voient le monde à travers les yeux de son enfant,  textes de Pam Brown.

                                                         

 

L ' ABBé PODESTA

Ah, cher  abbé  Podesta ! Que de souvenirs j’ai gardé de cette enfance  à vos côtés, vous avez auréolé mes jeudis  après midi par votre présence fidèle et précieuse, votre qualité de cœur, et votre patience à l’égard de cette ribambelle d’enfants que nous étions, et qui  vous accompagnait au patronage. Nous passions des heures très distrayantes, autant par les jeux, que par les séances de cinéma. J’ai appris à marcher avec des échasses, ce qui n’était pas chose facile, mais rassurez-vous, quelques jours  après, je marchais comme un vrai petit montagnard. Le pas de géant  était aussi très apprécié. Rappel : il s’agissait d’un mat, où était accroché quatre chaines avec à leur extrémité des cordes où l’on passait la jambe, on s’élançait en courant dans les airs, c’était très amusant, les fous rires fusaient comme notre ardeur et notre folle insouciance. Nous nous mêlions dans cette frénésie de tous ces jeux, sans aucune crainte, car le patronage était notre seconde  maison, et l’abbé notre « père ». Il nous apprenait les bonnes manières et partageait tout avec nous, la joie, la peine, les petits secrets, les prières. Toujours attentif  à notre écoute, et surtout il ne séparait jamais de son  « Synthol » pour calmer nos genoux écorchés où d’autres petites misères, c’était le remède miracle de nos petits maux.  Combien j’ai douce souvenance de nos jeudis  au patronage et de notre cher abbé, 0H ! Merci pour tous ces bonheurs.

Oh le joli mois de Mai,

Je ne peux  m’empêcher de penser à cette époque, à nos jardins fleuris qui embaumaient l’espace, à l’atmosphère déjà très douce, au ciel lumineux, et bien sûr au mois de Marie, c’est là que je veux en venir. Tous les ans à la même époque, maman faisait en sorte d’accueillir la petite statue de la vierge marie, protégée de sa petite armoire, pour deux ou trois jours, et qui faisait ainsi le tour de plusieurs foyers, c’était un rituel de bonne morale chrétienne.

Je me souviens que maman, en attendant la venue de la madone, s’attelait aux préparatifs de la sainte mission. Elle débarrassait sa table de toilette de tous ses bibelots habituels, elle savonnait le marbre blanc,  cirait son meuble, amidonnait les jolis napperons, pour recevoir la madone, comme il se doit. Elle cueillait les plus belles fleurs de son jardin pour sublimer son séjour parmi nous. Le souvenir, celui que je retiens le plus, c’est l’arôme des fleurs qui embaumait la chambre, mais surtout le parfum suave des pois senteur, c’était divin ! D’ailleurs, je ne peux pas humer les pois de senteur ni les frésias sans me projeter là-bas dans mon lointain pays.

 Les deux ou trois jours que nous détenions la Ste vierge, nous nous mettions devant la table de toilette, aussi fleurie et soignée que l’autel de l’église, avec le même caractère de spiritualité, puis avec maman nous récitions quelques prières, (en fin d’après –midi, à l'heure de l'Angélus c'est à dire la 3° prière qui sonnait à 19h), avec beaucoup de foi et de croyance, dommage que ces temps ont changé, moi j’en garde un sacré souvenir. Puis c’était le départ de la Ste vierge, pour une autre maison.

Et ainsi passaient les saisons, avec les coutumes et les mœurs, une habitude léguée par la tradition, et que nous continuâmes à  cultiver.

 

Dommage que tout cela se soit dissipé, sans laisser de traces, heureusement que dans nos cœurs rien ne s’est effacé, et que le  mois de marie était et restera la jonction de deux merveilleux sentiments, ceux de notre dévotion religieuse et de notre innocence qui les glorifiaient.


L'ESPERANCE.

Te voici belle espérance, vient me surprendre et m’emporter comme un fétu de paille au bec d’une colombe au-delà des nuages vers ce lieu tant chéri ou dorment mes souvenirs. Viens sans plus attendre avant que mon corps sombre et que ma raison s’étiole. Je veux comme dans un rêve, retrouver mon enfance dans les bras de ma mère et l’énergie de mon père par qui j’existe.

Je veux retrouver la douce et chaleureuse atmosphère ou j’ai grandi avec les personnes que j’aime et qui ne sont plus, m’imprégner des parfums inouïs sur les vestiges de ce passé. Viens sans plus attendre, je veux sur tes espoirs m’agripper et traverser la mer vers ce pays perdu qui était le mien, pour me prouver encore combien la vie était belle.

Viens me déposer sur cette terre ou dans son sein sommeillent l’histoire et la mémoire de tous les miens.

Je veux chère espérance l’espace d’une nuit danser comme au temps de mes seize ans, virevolter sur la piste de danse de ce jardin d’Éden face à la mer et me rappeler le goût salé de mon premier baiser mes cheveux livrés au vent et le garder toujours secret. Ce bonheur ne s’achète pas, il appartient à ce bel âge de la jeunesse, certes éphémère mais qui tatoue le cœur pour l’éternité.

Viens je veux m’émouvoir aux échos de musique qui me provenaient doux et enveloppants jusqu'à la plage se mêlant à celle des vagues, et laisser mes regrets courir sur le rivage. Je demanderai à Dieu où sont tous ces bonheurs, pourquoi je pleure, pourquoi j’ai mal. Je veux marcher aussi loin que mes souvenirs m’entraînent où tout était merveilleux et m’arrêter au seuil de cet agréable vécu, le frisson dans le corps faute de n’avoir pu le continuer d’où cette part de mélancolie, de nostalgie qui vit en moi.

Hélas chère espérance le rêve s’achève là, car je n’ai rien retrouvé de tout cela.

Viens et délivre moi de cette terre perdue, le silence est si lourd, je n’ai plus de repères, je suis lasse de l’affliction que me renvoie les images de ces lieux.

Je n’ai pas retrouvé les bras de ma mère, ni l’énergie de mon père, ni ma jeunesse, ni la musique qui m’envahissait de bonheur, rien…..

Merci belle espérance pour ce dernier tour de piste sur le spectacle de ma vie, même si le final fut une pitoyable tragédie, j’ai joué de mes plaisirs, de mes joies, de mes chimères aussi, des scènes hautes en couleurs comme seul ce pays pouvait m’offrir par le passé. Je demande à Dieu qu’il me laisse encore longtemps ces souvenirs au fond de ma mémoire, puissent-ils m’accompagner aussi présents, aussi intenses, aussi forts que je les aurais vécu là-bas chez moi en ALGERIE.

Parlons d’imagination, c’est une fantaisie née de l’esprit et qui nous laisse profiter d’une liberté inimaginable…


HOMMAGE AU PAPA DE NINO

Photo mise en ligne ce 12 avril dans l'Album des photos

Cela me donne l’occasion, voir l’obligation d’écrire ces quelques phrases pour la mémoire du Papa de Nino.

Je ne pouvais rester insensible à cette photo où l'on voit Nino (2 ou 3 ans) sur les genoux de son père. Papa tant aimé et qu’il a perdu le 19 septembre 1960 à l’age de 46 ans, Nino en avait 17. Toute sa vie durant il n’a cessé d’évoquer ce Père disparu prématurément mais toujours présent dans son cœur. Quand nous sommes retournés à ARZEW ce fut pour lui un douloureux pas à franchir pour visiter sa sépulture mais combien salutaire. Il a vécu ce moment comme une rencontre avec un état de grâce particulier. Quelque chose d’indéfinissable que lui seul a ressenti. Ce retour qui s'est présenté à lui, il l'a saisit comme le plus beau des cadeaux. Il l’affecte néanmoins au plus profond de son être, car il a eu le sentiment d’accomplir et de s’acquitter d’un devoir, celui de se rapprocher physiquement et par la pensée de ce Père adoré et regretté, et de ce ressenti qui le tenaille et le tourmente depuis 58 ans. Cela a été pour lui une délivrance, la plus belle preuve d’amour d’un fils pour son Père.

Il est revenu assouvi et rasséréné pleinement, d’avoir pu passer un long moment à lui confier tout ce qu’il n’a pas eu le temps de lui dire depuis ces années. Il a quitté ce lieu très malheureux mais le calme dans son cœur.

Après ce recueillement haut en émotion je suis aller le rejoindre pour m'incliner devant la sépulture de mon beau-père que je n’ai pas connu, ou si peu, du grand-père de mes enfants, de l’arrière grand-père de mes petits enfants qu’il est devenu et qu’il continue d’exister à travers eux.

Je me devais de lui rendre cet hommage pour le fils qu’il m’a offert.

Céline

PS: Nino a jeté dans une fissure du caveau un peu de terre de notre jardin en France, puis il a rempli une petite fiole d'écailles de peinture bleu tombées des murs et qui étaient sur le sol. brokenheart


MES REFLEXIONS PENDANT LE RETOUR........


MES REFLEXIONS AVANT LE "RETOUR" !

Et ce songe que nous retournions tous là-bas, ce grand désir qui nous anime, ce même élan qui nous pousse, ce dernier projet qui nous hante de retourner au pays notre Terre Natale, nous le ressentons. Je pense qu’en le perdant nous l’avons plus aimé et souffert de son absence. C’est pourquoi avec le temps tout espoir nous est permis. Nous arrivons à un age, celui de faire le bilan. Du courage, de l’hardiesse, de l’audace il nous en a fallu. Mais au fil des ans cette force s’est transférée vers ce besoin viscéral du retour, revoir le pays, fouler la terre le sol de notre Algérie.

          La vie est passée, nous avons grandi, car nous n’étions que de jeunes adolescents pour certains. Nous avons eu des enfants lesquels nous ont donné le bonheur de devenir des grands-parents. En somme nous avons bâti notre vie ici loin de chez nous. Elle est passée avec son cortège de satisfactions comme de déceptions, de plaisir et de joies aussi. L’histoire l’a voulu ainsi, cela a été comme un réveil un peu trop brutal, nous n’avons pas eu le temps de réaliser. Ce passé nous l’avons enfoui comme un talisman, un porte-bonheur, et nous avons refermé son écrin pour des décennies afin de se consacrer à notre avenir. Qu’importe il a fallu foncer avec un  acharnement opiniâtre. Nous l’avons fait pour le respect de nos ancêtres qui nous avaient donné l’exemple, eux pionniers émérites et courageux. Nous avons pu le constater avec les agriculteurs qui n’ont pas hésité de recommencer à zéro sur des terres en friche souvent infertiles, il en fallu du courage ils ont réussi là où d’autres n’avaient jamais imaginé de le faire. Ils ont connu des moments de découragement, mais ils savaient d’où ils venaient…C’est avec la rage au ventre qu’ils ont multiplié leurs efforts avec enthousiasme. Ils ont redonné une âme à des terres abandonnées en labourant, semant, récoltant le fruit de leur labeur. Tout n’a pas été négatif c’est là leur fierté. Je veux rendre hommage aussi aux pêcheurs qui se sont battus contre vents et marées afin de s’adapter aux nouvelles conditions de la pêche. Tous les corps de métier ont eu le même mérite, et tous les Pieds-Noirs en général.

          Nos aurores n’ont pas toujours été roses et nos routes pas plus ensoleillées, mais nous avons fait face et bénissons ce Dieu qui a su éclairer nos chemins plus enrichissants que chaotiques. La question se pose maintenant pour qui, pourquoi nous avons passé la moitié voir plus de notre vie ailleurs que sur notre sol. Nos enfants et petits-enfants nous font prendre conscience que le temps a passé, nos cheveux gris blancs nous trahissent, nos parents qui ne sont plus ou presque, tant de sacrifice consumé. On s’interroge sur notre devenir, l’envie qui nous pousse de retourner , l’age décline avec le sentiment du désir inassouvi. Le passé  se réveille, ce passé que nous avions enfoui précieusement voilà qu’il ressurgit. Il est temps d’ouvrir l’écrin, le talisman a fait son œuvre il nous a porté bonheur pendant 43 ans, nous a donné le courage d’affronter  l’inconnu et aujourd’hui la force de retourner sur notre terre pour retrouver nos racines endormies. Quelques larmes de joie suffiront à les faire repartir et si jamais  l’osmose du passé avec le présent ne se faisait pas on les aura mis en balance. Le poids de notre passé pèserait plus lourd de souvenirs, de rires, de joies car c’était l’age de l’innocence, quel bel état d’âme, de passions débordantes. Il pèserait plus lourd encore si l’on devait y déposer le reste de nos bonheurs voilà, c’est cette nostalgie qui nous pousse à partir. Certes le Pays a changé depuis, mais on retrouverait notre vécu beau comme un astre, un diamant qui n’aurait perdu de son éclat. Avec un peu de chance nous retrouverions le sourire de nos disparus ; pour eux, pour leur sépulture, vestige resté dans un monde éternel même perdu sous les ronces qu’on écartera pour entrevoir la pierre défleurie par le temps, et les épitaphes délavées par les années écoulées témoins de nos douleurs ensevelies.

          Il nous faut retourner, franchir le pas, nous avons besoin de cette communion pour être en paix avec nous même. Retrouver notre maison non sans un soupir languissant, nos regrets sont si présents, regarder le ciel pour nous redonner l’ivresse, le goût de vivre qui pour certains a manqué au point d’en mourir, nous convier tout simplement au plaisir de la vie qui était la notre, simple mais tellement réconfortante. On reviendrait assouvi, libéré de tous regrets qui nous étreignaient, nous oppressaient sans cesse. Si Dieu nous prête vie pourquoi pas renouveler ce pèlerinage chaque fois que le besoin se fera sentir ( je pense qu’il se fera sentir souvent ).

          Quoiqu’il en soit nous resterons les déracinés de l’Histoire

 

"ARZEO tierra de nos padres"

Es un lego muy precioso y bueno

Tanto te quiero, tanto ti adoro

Mi ARZEO magnifico y esplendido

 

En homenaje a nos antepasados.


PÂQUES !

Enfin Pâques était là, et quel enthousiasme autour de cette fête. Tout d’abord nous allions chercher les roseaux qui devaient servir à la confection de beaux cerfs-volant, cette étape qui faisait refleurir nos Pâques où déjà la tiédeur du printemps annonciatrice de la belle saison nous abandonnait au vent qui donne tout, l’ivresse, des ailes de la joie.

 Nous partions donc à la recherche de ces roseaux que nous voulions pour la circonstance bien droits, durs et très secs. L’endroit était connu, puis le devoir accompli on redescendait sans oublier de faire un petit détour par le patronage où l’Abbé PODESTA et sa ribambelle de jeunes âmes jouaient au ballon, aux échasses ou encore au pas de géant ( rappel : il s’agissait d’un mât où étaient accrochées 4 chaînes avec à leur extrémité des cordes où l’on passait une jambe. Puis on s’élançait en courant dans les airs, c’était très amusant. ) Nous nous mêlions dans cette frénésie de tous ces jeux sans aucune crainte car le patronage était notre deuxième maison, et l’Abbé < notre="" père="">. Il nous apprenait les bonnes manières et partageait tout : la tendresse, les petits secrets, les prières. Toujours présent pour consoler nos peines du cœur, et  le < synthol=""> pour calmer nos genoux écorchés ou autres petites blessures, c’était le remède miracle par excellence. J’ai toujours du < synthol=""> à la maison encore aujourd’hui.

 Après ce petit crochet, nous ramassions nos roseaux et on filait sans oublier de saluer notre bon Curé PODESTA. Le lendemain nous descendions au village acheter chez PERETTI le papier de différentes couleurs et la ficelle chez SIREROL. On se mettait au travail croisant les roseaux, attachant, collant, découpant aux ciseaux de longues franges de papier qui venaient embellir notre cerf-volant. Pour ce qui est des formes nous avions l’embarras du choix : la lune, le barillet, la morue, enfin faisons simple : < la="" bilotcha="">. Vous comprenez mieux hein ? je le savais. Et voilà notre cerf-volant prêt à quitter la terre pour toucher les nuages. Les doigts crispés sur la ficelle qui résistait nous étions transportés dans un sentiment inconnu, je sais qu’il faisait battre notre cœur deux fois plus vite. Quand on le voyait monter s’élançant dans les airs on tenait au bout de cette ficelle le génie du souffle, quelle fierté !! Cela se passait bien entendu à Pâques et Pentecôte dans un cabanon au Cap Carbon où l’on se retrouvait 3 ou 4 familles autour d’une gigantesque paëlla bien garnie et notre traditionnelle mouna arrosé d’un bon vin à l’orange. La partie de < bilotcha=""> reprenait de plus belle on courrait à perdre haleine poussé par le zéphyr. Si l’on tendait l’oreille sur cette ficelle on pouvait entendre un mélange confus de sons. Cette même ficelle qui nous servait à adresser des SMS  au ciel ( petits papiers qui s’enfilaient autour du fil ) pour s’élever avec le vent et rejoindre le cerf-volant  dans son majestueux ballet  témoin de nos douces Pâques

 


LES RAMEAUX

Dimanche 25 mars 2018

Cette journée m’amène à penser à nos Rameaux d’autrefois car n’avez vous pas vous aussi aujourd’hui une pensée qui germe, un souvenir qui renaît comme un écho de cloche qui carillonne, l’odeur du genet qui embaume votre cœur comme là bas quand nos rues prenaient un air de fête sous un soleil printanier même chaud parfois. Je suis sure que votre pensée parcoure tous ces lieux.

 

Je repense aux enfants particulièrement les petites filles si mignonnes dans leur robe d’organdi laissant apparaître des petites jambes bien dorées et dodues, toutes habillées d’innocence. Chacun et chacune tenant leur petit rameau enrubanné de jolis nœuds de satin rose et bleu, de poulettes et œufs en sucre et chocolat.

          Dans leurs yeux se lisaient l’impatience et l’envie de croquer dans ces friandises mais la patience avait son prix, il fallait assister à cette messe, écouter la parole de Dieu, tous unis dans la prière. De temps en temps, un rameau parfois un peu malmené finissait sa course au sol au grand désarroi de l’enfant qui voyait ses confiseries roulées sous les bancs.

C’était < la=""> petite anecdote de ce jour symbolique de candeur et de foi avec en prime le soleil et la tiédeur ce qui donnait à cette fête une autre dimension, notamment les parfums épars, et celui sublimissime du genet témoin de nos rameaux.


Bonne fête aux grands mères !

 Je n’ai connu que ma grand-mère maternelle, à mon grand regret, mais aujourd’hui, c’est à toutes les grands-mères que je m’adresse pour leur souhaiter une bonne fête. Combien d’entre nous gardons lové au fond de nos cœurs des souvenirs uniques, car elles sont uniques.

Je ne pourrais jamais oublier ces doux têtes à têtes avec ma grand-mère, elle signifiait tant d’importance à mes yeux. Merci d’avoir engrangé en moi pour toujours ces joies et ces bonheurs qui me tiennent chaud. Merci d’avoir été disponible à toute heure pour me donner de bons conseils. Merci de m’avoir enseigné avec une patience débordante, ces jolis et nombreux points de broderies, les uns aussi beaux que les autres, surtout les petites roses que tu brodais au coin des mouchoirs, avec la façon ingénieuse que tu avais de les réaliser. Il fallait enrouler le fil autour de l’aiguille plusieurs fois, puis tirer sur le fil en appuyant sur l’aiguille et le tissu afin de réaliser une partie de la rose, puis recommencer quatre ou cinq fois, pour obtenir la rose entière. Quelle délicatesse dans tes gestes, tu m’as fait aimer la broderie, et des lors j’ai su manier les fils et l’aiguille, et surtout il ne fallait pas oublier le dé à coudre, tu en étais très partisane. Tu étais très fière de mon travail, j’étais portée au firmament avec ton appui et tes encouragements.

Aujourd’hui quand il m’arrive d’entreprendre un ouvrage, c’est à toi que je pense, tu m’assistes dans le choix de mes fils et de mes points.  Au bout du fil, je ne peux que constater qu’il est à ton image, et la comparaison me fait sourire.

 

Je t’envoie ma petite mémé pour ta fête,  des milliers de petites roses, les mêmes que tu m’as laissé en héritage, lesquelles sont impérissables, et que je continue de cultiver et de diviniser en ton honneur.


L'été 62 !

Ce fut un triste été que cet été 62. Exactement le 3 Août. La date était fixée depuis déjà quelques jours, en raison du prochain départ d’un bateau cargo qui partait de la base militaire d’ARZEW. Donc j’avais eu le temps d’analyser la situation. Nous devions quitter le pays et toute une vie qui s’y accrochait, ce n’est rien de l’écrire aujourd’hui 56 ans après, par apport au vécu. Depuis que l’on savait que le départ était inéluctable et si proche, nous n’avions eu que 15 jours pour fabriquer deux caisses en bois et deux valises pour réunir ce qui devait rester de toute notre vie durant des reliques, j’en possède encore quelques-unes.

Toutes les nuits avant ce départ je pensais à ce que nous allions devenir, en France, ce pays que nous connaissions que par des clichés, notamment par les livres de géographie ou des cartes postales. C’était comme ça chaque nuit, mille questions, mille interrogations venaient troubler mon esprit. Mais ce qui me fut le plus pénible par rapport a mes parents ce fut d’assister au déclin de leur courage, ils n’arrivaient pas à se résigner, à admettre la fatalité. J’avais envie de les prendre dans mes bras et de les serrer très fort sur mon cœur, comme pour leur prouver combien ils avaient raison de sacrifier leur vie au dépend de la notre, leur dévouement face à ce dilemme, je savais que pour eux c’était un déchirement de tout abandonner, mais il n’y avait pas une autre solution, il fallait partir.

La dernière nuit avant le départ, j’étais sortie dans le jardin et je fus séduite par le ciel infiniment beau constellé d’étoiles ,je le contemplais comme pour une dernière fois, comme si où j’allais il n’y aurait plus de cieux ni d’étoiles. Elles paraissaient plus près de moi, et machinalement je me suis mise à leur confier mes secrets et mes sentiments les plus intimes.

J’avais trouvé en elles des confidentes prêtes à écouter mon désarroi. Je n’avais personne avec qui partager mon état d’âme, c’est vrai que cette nuit  le ciel  était particulièrement plus beau et les étoiles plus belles encore, plus communicatives. Je suis encore envoûtée par la contemplation de cette nuit  comme le capiteux et irrésistible parfum de la belle de nuit  qui dégageait dans tout le jardin son odeur  bien distincte. Et bien je peux vous dire que je n’ai plus retrouvé nulle part ailleurs une aussi belle nuit étoilée et son parfum. Je me suis endormie un peu sonnée par tant d’émotions et de vifs regrets.

Le lendemain jour J. Sans un mot chacun se livre à ses occupations,le cœur n’y ai pas. Je regarde mes parents qui paraissent ne plus être là.

Leurs regards en disent long. Il rassemblent les quelques effets a emporter, tout le reste est déjà placè dans le camion de M.FERRENTINO, c’est avec eux que nous  embarquons.

Au moment de quitter la maison nous jetons un dernier coup d’œil, nous faisons un examen rapide sur tout ce que nous abandonnions. Ma mère se lamente devant sa cuisine qui venait d’être achevée le même été, sa crédence de faïence blanche et son évier rutilant, le carrelage au sol lui aussi renouvelé et dont elle avait choisi la couleur, la fenêtre aux rideaux à petits carreaux qui donnait sur le jardin. Comme je la comprends aujourd’hui. Sans un mot nous sortons enfin les uns derrière les autres et mon père ferme la porte derrière lui laissant la clef dans la serrure. Oui, il a laissé la clef !

 Malgré mes 17 ans je ne pus supporter leur terrible sort, l’instant était pesant, une épreuve difficilement supportable. Des larmes coulèrent, quelques-unes de plus, et je ne perdais pas mes parents du regard. Nous sortîmes du jardin, mon père ferma une dernière fois le portillon, en même temps c’est digne et recueilli qu’il refermait le livre de sa vie. On prit la direction de la base militaire du CIOA, nous n’avions pas fait 50 mètres que M BALLAGUER interpella mon père les bras au ciel car lui aussi partait vers son destin ce même jour en laissant son complexe de douches récemment achevé !

 « Alors VENTURA toi aussi tu quittes le pays »

« Comme toi  mon ami, on n’y peut rien »

 Ils échangèrent leurs points de vue, leurs opinions, pour conclure d’un même accord qu’il n’y avait pas une autre solution, qu’il fallait coûte que coûte partir et tout abandonner.

Nous arrivons à la base où déjà une foule confuse et dense s’agitait les yeux rougis par l’émotion. Nous sommes conduits sur le bateau cargo que je nommerais « le bateau de la débandade » au sens propre comme au figuré, car nous partions pour des destinations inconnues et a travers tout l’hexagone.

La manœuvre du cargo nous plonge dans une sorte de mélancolie due a l’abandon de sa terre et à l’aridité du sort. Nous attendions depuis fort longtemps appuyés sur le bastingage quand dans un dernier et brusque sursaut, le bateau se positionna pour enfin prendre le large.

Nous eûmes le temps  de contempler pour la dernière fois notre village la promenade des palmiers, les quais, on ne pouvait pas se dire  que nous ne le verrions plus jamais .Nos larmes coulèrent et jetèrent un voile sur nos yeux, comme sur nos illusions.

La journée s’annonçait belle car le soleil faisait miroiter l’image d’ARZEW sur une mer encore endormie, j’entendais malgré une petite brise marine des plaintes accompagnées de gémissements. D’autres déploraient leur malheureux destins, mes parents très courageux avaient néanmoins le visage triste, je courus les encourager comme je pouvais, avec des mots simples que le cœur aime à entendre. ARZEW n’était plus qu’un point à l’horizon, et dans mon cœur déjà un souvenir.

La traversée dura 3 jours, on eut le temps de se rendre compte que la page était bien tournée, que nous laissions notre terre et ceux qui l’avait aimée bien avant nous On foula le sol de France le 5 AOUT 1962 a PORT SAINT-LOUIS DU RHONE, le temps de récupérer le camion et son précieux chargement, on mit le cap pour MAZAN dans le Vaucluse, puis CARPENTRAS quelques semaines après pour finir enfin a AVIGNON. Je ne vais pas manquer de vous raconter cette petite anecdote :

3 jours après  êtres arrivés à MAZAN mon père voulait  retourner à ARZEW il n’arrivait pas a s’y faire et moi j’étais de son avis. Je voulais repartir avec lui, c’est vous dire si notre pays nous manquait déjà. Ma mère a su trouver les mots pour apaiser et calmer ce sentiment intense du mal du pays qui nous tenaillait mon père et moi, elle a su atténuer nos tourments et rendre à notre cœur une certaine sérénité. Depuis ce jour, la nostalgie nous a habités et elle m’habite toujours. Je trouve que c’est un beau sentiment car il permet d’être en communion perpétuelle avec le passé, et plus j’avance dans l’age plus je la cultive.

La nostalgie est un état qui appartient au temps écoulé, et personnellement je songe avec regret au passé qui reste quoi qu’on en dise vibrant, marquant.

Toute notre jeunesse, tout ce qui a éveillé nos sens de bonheur, cette flamme qui pétillait dans nos yeux, la vivacité, la spontanéité, nous avions atteint la plénitude quand l’exode nous a fauchés au plus tendre de notre vie.

Ne chercher pas pourquoi on aime parler avec enthousiasme de notre pays, de notre terre, de notre passé, parce que c’était tout simplement du pain béni et sacré.

 Céline


25/02

Retour au Pays

Certains d’entre nous avons une vision du retour au pays tout à fait différente, c’est ce que j’appellerai la liberté de penser,et avec toute ma modestie je respecte le choix de chacun. Je veux juste exprimer le mien,mon retour, m’a été très salutaire, il a rétablit toute ambiguïté et apporter des réponses a mes questions. Le doute s’est dissipé après quelques réflexions et le discernement a éclairé la  situation. J’ai compris en retournant au pays, qu’il y avait eu un avant et bien sur un après. J’ai quand même malgré cette différence, vibré sur le sol qui m’a vu naître,ma terre, et croyez moi ça secoue,et ça fait du bien….

 

Voici mon ressenti ci dessous, merci de votre attention.

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Sur les traces du passé

En quittant mon pays ,je savais que je retournerai un jour.

Ce ne pouvait être autrement, hélas trop longtemps après.
Déterminée, j’ai osé ce retour sur le passé, intarissable amour.

J’ai retrouvé mes souvenirs, dans les antres oubliées,et les splendeurs condensées.

 Mon enfance aussi, le souvenir d’un vécu, ma maison.

Mon être tout entier vibrait au rythme des découvertes, certes la pitié dans le cœur,

Chacune avait son importance pour des tas de raisons,

Mais en particulier pour une, l’ivresse du moment face à l’ailleurs.

 J’ai arpenté fiévreusement ces lieux abandonnés,

Chargés de l’amertume du départ, des prières prononcées

Envolées dans le vent de l’exode,livrée dans mes pensées,

J’ai refais le chemin des exilés que nous fûmes alors, amers , résignés.

 Je suis retournée éperdument heureuse, pour revenir consolée.

Bien sur que je n’ai pas retrouvé le pays d’autrefois,

Mais qu’importe je me suis abandonnée aux lieux accoutumés

Et j’ai marché sans guide ni escorte, je me trouvais chez moi.

 Il aurait été dommage de ne pas accomplir ce dernier voyage.

Il m’a apporté une source de consolations face à la rancœur,

Je l’ai ressenti comme tel, même en marchant sur les débris de ses rivages.

L’important fut d’embellir ma mémoire de fortuits bonheurs.

 Je suis revenue dépourvue de toute haine, la page était bien tournée.

J’ai laissé mes défunts dans les mains de dieux, dans le silence éternel sur le sol qu’ils avaient choisi, où leur jeunesse était gravée,

Dans ce pays muet où dort notre passé, en lui restant fidèle.

 Ma dernière vision fut pour la mer, le djebel, et le ciel.

J’ai entendu dans un soupir le vent me dire adieu, j’ai laissé mon passé au silence.

J’ai laissé le jasmin sans parfum, le chèvrefeuille sans miel.

Je me suis éloignée en laissant derrière moi la France de mon enfance.heart

 


16/02/18

La boulangerie campos

Avec combien d'émotion car tel fut notre destin, il m'arrive par la pensée d'arpenter les rues de mon village.  Aujourd'hui je m'arrêterai devant la devanture de la boulangerie de M.CAMPOS qui se trouvait rue d' Isly. Le regret vient embellir ce beau souvenir et pour ne rien oublier de nos traditions je laisserai parler ma mémoire. Ce souvenir est resté fidèle à ces beaux moments, à ces bouts de vie qui font ces tendres récits.

Je vous parlerai de la préparation des gâteaux de Noël que nous faisions cuire au four du boulanger après avoir réserver notre tour pour arriver le jour J, le four chaud à porter de la main. J’aidais maman à descendre corbeilles, paniers, ingrédients et nous voilà parties pour quelques heures de doux labeur: heureuses et déterminées pour réaliser ces pâtisseries de Noël. C'était donc ainsi car nous ne possédions pas de four dans nos foyers ou alors ils étaient très rares. De cette situation nous nous accommodions très bien, la preuve j'en ai gardé des souvenirs inoubliables.

Nous arrivions donc dans l'arrière boutique où se trouvaient le four monumental, et de grandes  tables enfarinées qui attendaient là pour en prendre possession afin de commencer à préparer, pétrir, façonner et par là même ce qui était le but : enfourner et cuire sous l'oeil vigilant de ce brave boulanger et des regards des enfants émerveillés. Ces derniers puisaient de ci de là dans les corbeilles et paniers les délicieux gâteaux dorés et encore tièdes qui faisaient leur régal.

Cela se répétait avec la même ivresse pour les fêtes de Pâques avec les incontournables préparations de mounas bien gonflées et dorées que l'on s'échangeait de l'une à l'autre. La comparaison était vite faite mais le secret bien gardé.

Retournons au four, quelle ambiance y régnait ! On se serait cru dans une ruche en pleine effervescence dont les ouvrières animaient du geste et de la voix: bûches, mantécaos, gâteaux secs, tuiles aux amandes...Lasses de cette besogne, secouant leur tablier poudreux, essuyant leurs fronts perlant et heureuses tout de même de ces beaux échanges de rires et d'amitié. Qui n'a jamais humé l'odeur suave qui s'échappait de ce four, est pauvre de sensations et de magnificence. On s'élevait, on gravissait l'infini dans l'extase de la gourmandise avec les essences de la fleur d'oranger et la senteur de cannelle qui embaumaient l'arrière boutique...et nous enveloppaient de la grâce divine des Noëls de chez nous. Le cap franchi il ne nous restait plus qu'à ranger avec précaution dans les paniers ces petits gâteaux qui faisaient nos grands desserts. Petits et grands mettaient la main à la pâte proprement dite, pour ramener à la maison sans encombre, le fruit du labeur. Je laisse maintenant votre mémoire imaginer la suite pour l'avoir aussi vécue !

 

Je n'ai jamais abandonner cette tradition avec la seule et grande différence que l'on élabore de nos jours toutes ces petites friandises chacun chez soi. C'est à ce moment là, moment des préparatifs, que me viennent les images d'autrefois: Image de la ruche, du four bien chaud, image des tôles sortant du four et croulant sous le poids des gâteaux. Dans ce dédale d'images enrubannées je repense au four du boulanger et c'est à ce moment là que je trouve qu'il manque, oui c'est ça, il manque ce petit plus, cette petite touche de nostalgie qui faisait la magie de Noël. En souvenir de cette époque, chaque année à la période de Noël, fleurent bon et flottent dans ma cuisine les senteurs de cannelle douces à mes souvenirs d'enfant. Je continue pour mes enfants qui connaissent la source et les plaisirs de ces effluves, et maintenant pour mes petits enfants déjà très demandeurs et friands de ces saveurs. Mêmes s'ils n'ont pas connu l'arrière boutique de la boulangerie, l'essentiel c'est que je sois encore là pour leur raconter, pour ne rien oublier de ces petits plaisirs qui font aimer la vie. Le sourire des miens me le prouve et croyez moi cette vérité m'habite comme les souvenirs qui n'ont jamais quitté mon coeur.


13/02

La buena pesca !

J’habitais les Jardins, mais cela ne nous empêchait d’aucune manière de se régaler de bons poissons. En effet dès que le chalutier rentrait au port M.Lloret patron pêcheur, remontait chez lui vers 18h30 avec une belle cargaison de poissons. Maman guettait l’arrivée de la camionnette et dès qu’elle le jugeait bon, on pressait le pas après qu’il ait débarqué les casiers dans la cour à même le sol. Quelques mètres nous séparaient de chez eux, on arrivait, Maman parcourait des yeux ce bel étal de poissons : des rougets qui allaient faire le régal du souper, des limandes ( pélouas ), des crevettes ( gambas ), que l’on faisait soit revenues avec de l’ail et du persil, soit bouillies avec de la mayonnaise. Pour la sardine quand ils avaient eu le bonheur de tomber sur un banc, il y en avait des tonnes. C’était Djilali et sa carriole qu’on voyait déambuler dans les ruelles avec son chargement. Elles étaient dégustées frites, grillées (moraga ), en beignets, en escabèches. Nous avions l’embarras du choix. Mille façons de les accommoder et mille façons de les déguster.

Pour revenir au chalut de M.Lloret, quand Maman finissait son petit tour de marché improvisé et échangeait quelques paroles avec Mme Lloret, elle réglait sa note (quatre sous en l’occurrence) puis on partait avec un régal dans le panier ! On pouvait même se payer le luxe de faire la soupe de poissons avec du rouget !

A l’époque j’étais jeune et je boudais après ce poisson qui revenait un peu trop souvent à notre table."Oh! Maman encore du poisson, j’en ai marre> lui disais-je. Maintenant  je ne lui tiendrai pas le même discours. Car d’une j’adore le poisson et de l’autre il est cher et pas toujours à portée de la main pour certains. Le lendemain rebelote direction Mme Lloret : " Ah ! Ce soir c’est des sipions, quelle friture je vais faire, mettez-moi un bon kilo, ce ne sera pas de trop " disait Maman. Puis  " Oh lala ! Elles sont belles les gallinettes, mais bon si demain vous en avez j’en prendrai ". Je dis gallinettes car ici on appelle ça le grondin. Il y avait des jours où la bonite brillait par sa fraîcheur et ses  reflets, alors là une bonite de bonne taille ne faisait pas peur à Maman, en tranches grillées avec une salade bien craquante à l’huile d’olive, faisaient nos grands dîners. Son cousin le thon, grillé lui aussi, à la matelote, au riz avec des beaux poivrons rouges, un jus de citron mieux que le plus grand 5 étoiles Michelin ! On se léchait les doigts. Arrosé d’un bon Mascara ou d’un Sidi Brahim "qué régalo ! ". On vivait simplement croyait t’on mais ce n’était pas si modeste quand on connaît le prix du bon poisson aujourd’hui. Cela faisait partie de notre quotidien, on ne se rendait pas compte de ce bonheur. L’avenir nous a fait prendre conscience de ce que la mer nous offrait.  Et comme dirait l’autre : "il vaut mieux une sardine chez nous, qu’une langouste à Cuba n’est ce pas ?" 


Posté le 10/02 à l'occasion du mardi gras prochain (13/02)

LE CARNAVAL DANS L' ARZEW DE NOTRE ENFANCE

En cette période de  Carnaval, j’ai dans ma tête le rythme des sambas qui m’emporte vers mes souvenirs, ceux de mon joli village témoin de divertissements et de son Carnaval. Je me souviens que nous arpentions les rues, bizarrement accoutrés, des déguisements plus ou moins extravagants, dénichés dans les armoires ou les malles de nos parents et grands-parents, en passant par les ombrelles, les chapeaux de paille et de feutre, cane, tout était bon à prendre, et apte à nous transformer en je ne sais quel personnage, l’espace d’une journée.

C’était pour nous une façon de s’enivrer du sentiment de liberté d’esprit. Tout était permis cacher derrière le masque de carton ou de velours afin de masquer son identité comme ses pensées. Nous défilions avec la certitude d’appartenir à un autre monde, celui de l’inaccessible, on jouait de ce pouvoir en criant tous en chœur le chant de l’événement « CARNAVALI CAPOUTCHALI »,

d’autres groupes suivaient notre cavalcade de réjouissances et de mascarades.

Bien sur a une époque maman me racontait qu’il y avait le grand bal avec des déguisements fabuleux et ou l’on remettait une distinction au plus méritant et au plus talentueux, comme par exemple « LE PECHEUR ET LA SIRENE », entre autres. Mais j’étais trop petite pour me souvenir de ces beaux moments qui se déroulaient à la salle des fêtes de l’EDEN.

Ces coutumes et ces traditions se sont perdues avec le temps, c’est dommage car nos anciens ont du passer de forts agréables moments. A l’époque de mon adolescence les bals existaient toujours mais avec plus de modestie plus de simplicité, le faste des costumes avait disparu. Un petit loup de satin noir donnait le ton juste de quoi masquer notre vertu, ce qui était déjà pas si mal, je plaisante mais qu’est-ce qu’on a pu s’amuser et rire……smile

Bon le moment est venu de retirer mon masque, m’avez-vous reconnue ? Je vous tire ma révérence. Voyez-vous, je me prends tout d’un coup pour une marquise déambulant sur le pont des soupirs a Venise. Une façon comme une autre de m’évader, de m’octroyer un petit moment de plaisir comme au temps où je courrais les rues de mon joli village à la recherche de sa Majesté Carnaval, lequel déclenchait une débandade générale et une dispersion de tous nos efforts. Cela me ramène à des années en arrière, mais j’y pense avec le même enthousiasme et la même énergie carnavalesque……..

 Céline

Le carnaval à Arzew début du 20° siècle


6/02

La mer !

On ne peut pas parler d’Arzew sans parler de la Mer comme une amie que l’on n’aurait jamais oubliée. Je l’évoquerai par ses plaisirs, cette Méditerranée où l’on passait le plus clair de notre temps et où nous étions les acteurs de ces jeux de plage et de nos ébats houleux dans le déferlement des vagues. Toute notre enfance trempait dans cette grande bleue, ce bord de mer, lieu théâtral de nos aurores lumineuses et de nos senteurs iodées. Nous ne nous rendions pas compte de ce que la Mer représentait pour nous, elle faisait tellement partie de notre environnement.

        On naviguait du regard bercé par le mouvement ondulé des flots. Parfois la Mer était tellement calme et paisible que l’on avait l’impression d’entendre du fond des gouffres profonds monter comme des plaintes de quelque déesse en manque d’adorateur. C’était bien sur seulement de l’imagination. On se noyait sans pitié et sans mesure comme assiégé par la Mer et on rêvait sur le sable d’aventure et de désert on s’inventait des scènari et on laissait encore une fois naviguer notre imagination. Entre ciel et mer on nageait dans un bain d’écume qui venait nous jeter sur la grève, on émergeait de cette mousse immaculée comme purifié de toutes souillures morales. Nous quittions la plage le regret au cœur, le soleil descendait déjà sur l’horizon embrasant la Mer lui donnant « mille reflets changeants ». Nos étés étaient rythmés entre sieste « sacro sainte » et plage. D’ailleurs notre punition la plus crainte était la privation de baignade !

        La Mer engloutissait toute notre énergie, toute notre force et action face à ses jeux. Pour les enfants que nous étions assoiffés d’aventure il nous arrivait de nous hasarder sur une petite embarcation s’exposant au danger, on s’imaginait être de grands explorateurs et on se laissait porter par nos rêves. Les embruns nous enveloppaient d’une moiteur salée, c’était l’extase du grand large. On rentrait au port sous un ciel encore flamboyant et une Méditerranée qui nous paraissait encore plus lumineuse accompagnée par le ballet virevoltant des jolies mouettes autour de la barque. C’était tout cela notre Mer.

        Au loin on pouvait apercevoir le phare, une lumière lointaine et vacillante indiquée la route à prendre. Il trônait beau et solide telle une citadelle. Seul le bruit du ressac des vagues frappant sur les roches profondes venait rompre cet imperturbable silence. Un peu plus tard dans l’age j’avais repris contact avec la Mer en pratiquant l’aviron, on tirait sur les rames en cadence comme des forçats sur les galions, c’est un peu le rêve qui continuait. Je me plaisais à revivre ces aventures au grè de nos sorties et retrouver le plaisir de mon jeune age, la houle et les agitations des vagues n’avaient plus de secret pour moi. Ce temps de l’enfance me paraissait si loin pourtant si peu d’années nous séparaient.

        Nous avons aussi gardé au plus profond de nous les souvenirs des scènes des pêcheurs remaillant les filets d’un geste sur et régulier, assis sur le sol de la promenade des palmiers le dos courbé sur leur filet tissé à clair voie et qui s’allongeaient à une cadence spectaculaire et remarquable. D’autres avec une invincible ardeur tentaient en vain d’égayer leur rafiot d’une couche ou deux de peinture, avides de sensations comme un peintre devant sa toile. Sans oublier la petite touche finale du nom de baptême. Car tous les bateaux avaient un nom.

        Cela étaient et resteront des brides de notre vie quotidienne. L’arrivée des chalutiers rentrant au port attirait notre attention et notre curiosité car cela se déroulait sous nos yeux. Les casiers de poissons encore tout frétillants ne pouvaient nous laisser indifférents, ils défilaient de bras en bras jusqu’au quai. On parcourait des yeux tout ce monde en effervescence. Quelle belle leçon de courage et d’ardeur nous donnaient ces pêcheurs, ce déballement scénique se déroulait ainsi chaque jour.

        Grâce au ciel nous n’avons rien oublié de ces lieux qui nous ont vu grandir. Notre promenade du dimanche nous entraînait très souvent au cap Carbon et à la Fontaine des Gazelles où l’on recevait de plein fouet l’air du grand large et d’où l’on pouvait admirer l’œuvre des Dieux de la Mer, l’immensité des flots bleus, les brisants à fleur d’eau émergeant des profondeurs comme des vestiges ancestraux. Nous savourions ces délices sans savoir qu’un jour nous serions privés de cet attachement  charnel que nous ressentions pour notre Pays.

        Ces clichés se sont effacés à jamais de nos regards, par contre tout ce qui faisait le merveilleux, l’exceptionnel de notre bord de mer et de ces attraits son restés ancrés dans la rade de notre cœur. C’est là notre richesse d’avoir garder intact ce souvenir.

 

Céline


A ton fourneau

Bonne chandeleur !

Un peu d’histoire,

La chandeleur, fête des chandelles, est célébrée chaque année, 40 jours après Noël, soit le 2 Février. Dans la tradition chrétienne, elle est le jour de la présentation de Jésus au temple. Comme beaucoup de fêtes religieuses, il s’agit  d’une fête  païenne récupérée par le pape Gélase 1° au Siècle qui insista chaque 2 Février une procession avec des chandelles, on raconte que ce pape faisait distribuer des crêpes aux pèlerins arrivant ce jour à Rome.

À l’origine, la chandeleur marque le moment ou les jours commencent à s’allonger plus rapidement. On fête alors le retour de la lumière, on fait des crêpes  rappelant par leurs formes rondes et dorées,  le disque solaire………………………………………………..

                                            Ha ! La chandeleur !

J’ai à l’esprit, les bonnes soirées de la chandeleur de mon enfance, (il me semble même que les crêpes étaient meilleures, non je plaisante) avec en prime la présence de mes parents, et nous, le regard  ébahis autour de la table.

Quel régal, pour nous les enfants. Nous attendions ce jour avec impatience, nous allions enfin faire sauter les crêpes. Nous apprécions vivement cette galette faite de lait, d’œuf et de farine.

Chaque maman avait sa méthode et sa tradition. La mienne jetait la première crêpe au-dessus de l’armoire avec dans sa main une pièce ou un bijou en or, afin que la fortune nous sourit toute l’année.

Une fois que nous avions assisté maman et ses pratiques, nous nous précipitions à table pour nous régaler. Nous les dégustions sucrées, ou napées de diverses confitures,  les plus grands les aspergeaient de Grand-Marnier ou de Cointreau. C’était que du bonheur.

Nous n’avions pas le temps de les rouler que déjà nous les dévorions à pleines bouches. Maman savait quelle  quantité prévoir pour assouvir notre gourmandise et rassasier notre avide appétence.

Ce qui est regrettable, il faut le signaler, c’est que nous devions attendre une longue année pour retrouver ces plaisirs.

Ce n’était pas d’usage de faire des crêpes en dehors de la chandeleur.

C’était comme ça dans beaucoup de famille, si ce n’est dans toutes,  j’ai pu depuis  m’en convaincre. J’ai  eu l’occasion de  m’étendre en famille et entre amies sur le sujet,  à plusieurs reprises.

Quel dommage ! Pourtant qu’est-ce que l’on aurait apprécié ce dessert plus souvent ! Enfin !

 J’ai toujours fait des crêpes à mes enfants et petits-enfants, tout le long de  l’année et à tire-larigot, on les aime tellement.

Ça me fait plaisir de revenir en arrière et partager avec vous ces souvenirs agréables et uniques de la chandeleur de mon enfance, en même  temps  j’ai le  cœur gros de ne plus entendre maman du fond de sa cuisine battre la pâte, comme autrefois,  je revois son sourire fascinant, devant notre mine réjouie. Que c’est beau de se souvenir de choses simples,  qui pour nous débordent de sentiments affectifs et de  solides attachements envers notre petit coin de terre et de notre vécu. Ce soir en faisant sauter mes crêpes j’aurais une pensée pour la petite fille  que j’étais, « Céline au pays des merveilles »

Bonne chandeleur à toutes et à tous, gros bisous.

 

 


27/01

En parcourant la rue !

            Nous allons arpenter la principale rue de notre village, c’est à dire la rue d’Isly. Nous allons l’imaginer comme avant animée, triomphante et glorieuse ; cette rue où nous aimions nous promener. < faire="" le="" boulevard=""> disions-nous. Nous allons la retrouver comme avant sans altérer la moindre vérité, celle de son soleil de ses tumultes, de sa douceur de vivre, son immortalité.

            C’est ma mémoire qui va guider ma plume, j’espère que je n’oublierai personne. Nous allons partir du Monument aux Morts vers l’église, côté gauche.

            Me voilà donc au tout début de la rue avec derrière moi le Monument. Nous montons vers l’Eglise en passant devant le bar de M. et Mme GOMEZ qui faisait angle. M. BENZAQIN et sa menuiserie tout de suite après, nous fait un petit clin d’œil. Tout à côté «  Cycles et réparations «  de M. CANO. Le passage CLUVITCHLAVITCH ( en phonétique ), nous invitait à un petit raccourci et deux ou trois portes après nous passons devant la plomberie BAESSA, la Gendarmerie qui suivait,  un long bâtiment prenant quelques mètres de trottoir, précédait une petite échoppe tenue par un Musulman d’où s’échappait toute sorte de senteur, surtout d’épices.

            Un petit pas de géant et nous passons devant la droguerie des GIMENEZ, vente aussi de bouteilles de gaz et réparations d’électroménager. Nous traversons à présent une petite rue et le bar SCHMITT nous tend les bras, avec ses grandes baies nous pouvons découvrir l’animation intérieure. Pas loin,  la boulangerie ORENGA nous ouvre l’appétit et de suite après le salon de coiffure CECILIO nous invite à une remise en beauté. Après une porte cochère et son couloir donnant sur une cour, la mercerie de papa LUC nous apparaît. Il ne manquait rien dans ce magasin, les rayons croulaient sous les tissus, fils, boutons c’était la caverne d’ Ali-Baba. Le négoce allait bon train sous l’œil attentif du propriétaire des lieux très présent ! En prime, le rire assuré de FIFINE qui avait un sens de l’humour à la démesure et dont les éclats résonnent encore dans mes oreilles.

            La librairie PERETTI nous ouvrait sa porte pour les fournitures scolaires et pour les magasines. Quelques portes et fenêtres suivaient et on arrivait au bar MARCHADO. Devant la porte s’installait Marie Brochette avec son barbecue et ses bonnes préparations de brochettes de viande, cœur, foie, melsa et merguez. La rue s’embaumait de toutes ces odeurs appétissantes, je rends donc hommage à sa mémoire en évoquant ce fait, d’autant que je l’ai connue personnellement. Je l’appréciais par son grand cœur et son courage.

            Quelques cours et fenêtres, la quincaillerie de M.SIREROL étincelait comme toutes les casseroles et les ustensiles de cuisine flambant neufs. Nous y trouvions toujours notre bonheur, surtout avec le plastic qui était venu remplacer le zinc. Quelle belle invention, nos mamans n’en croyaient pas leurs yeux ! Deux petits pas plus loin, la vitrine de la bijouterie SEDANO nous éblouissait par ses pierres et ses ors. Venait de suite après la charcuterie de COINQUA, jamais plus je n’ai retrouvé meilleure charcuterie : son pâté rôti, le boudin à l’oignon, la longanisse inimitable, c’était un pro du cochon. Son don et sa touche personnelle faisaient de lui un artisan hors-pair.

            Enfin un couloir donnant sur une cour, la pharmacie VILLOT venait à bout de ce côté de rue en prenant tout un angle.

            Nous traversons pour redescendre la rue dans l’autre sens. Elle débutait par le grand magasin DIAZ ( Micalet de l’oli ). Tous les marins et pêcheurs pouvaient s’approvisionner de cordes et de fils enfin tout l’équipement pour la pêche. Suivait le < decatlhon=""> de chez nous avec ses baskets, tennis, tee-shirt enfin tout pour le sport, quel chic chez les GINER. Deux mètres plus loin la petite boutique de tabac de M. RUBIANI qui veillait à l’approvisionnement de son stock. Il s’échappait de cette boutique des senteurs de fleurs séchées et de tabacs voluptueux.

            Quelques pas après, l’épicerie BELTRA et son suprême jambon cuit coupé fin à la machine, quel régal ! Une autre épicerie suivait, celle de M. et Mme JUAN, imposant magasin où l’étalage de légumes et de fruits en tout genre surtout exotiques, était rangé avec beaucoup de minutie.

            Le tailleur M. BENAMOU suivait avec ses confections sur mesure : chemises, costumes …. L’espace d’une seconde une petite épicerie attendait là que quelques passants la remarque, elle était si petite, son propriétaire s’appelait SAEZ je crois. Un portail séparait cette échoppe de l’épicerie de M. et Mme BOSACI tous deux de grande taille, gens très sympathiques, où nous achetions des cacahuètes. Elle était très exiguë mais bon, ils menaient leurs petites affaires avec beaucoup d’intérêt. A côté le coiffeur FLORES.

             Nous traversions une rue et le studio photo de M.SIMON attirait notre attention avec sa vitrine et les portraits présentés. Une cour, et la boulangerie CAMPOS chère à mon cœur pour l’avoir déjà évoquée dans un épisode précédent, nous invitait à toutes ses bonnes pâtisseries et son pain délicieux. Un alignement de portes et fenêtres après, nous arrivions à la boutique de lingerie toute récente juste avant l’exode, que tenait la fille LAICK, une de mes amies à qui je passais souvent  rendre visite. Deux mètres plus loin une petite épicerie très ancienne ( je ne me rendais pas compte qu’il y avait tant d’épicerie à la rue d’ ISLY et il y en a encore vous verrez !! ), où Mme MIRA tentait de dépanner quelques clients.

Je reviens à la grande figure de cette rue, M. LAICK un commerçant si agréable tant de son franc-parler que de ses mimiques. Il vendait des vêtements et des chaussures, le  « Gitano Blanco «  du cirque ESLAVA y venait changer les chemises qu’il déchirait au spectacle !!

            La librairie SIREROL suivait pour arriver à la hauteur de la bijouterie NEGRE puis le magasin RAVERA électricien. Quelques cours et maisons encore la petite épicerie de Mme MARTINEZ avec ses bocaux de bonbons multicolores. La pâtisserie FONS " Blanche neige" installée peu avant notre départ, faisait de nos dimanches une fête, tant par les gâteaux confectionnés que les glaces parfumées.

            Une grande porte cochère qui abritait pas mal de monde et suivait, la monumentale maison RIBAGA avec ses étages. Quelques mètres nous séparaient de la grande pharmacie qui faisait coin et dont le nom m’échappe car très récente aussi.

            Nous revoilà devant le monument, je regarde le marbre blanc où s’inscrivent tous les noms< morts="" pour="" la="" france="">, et je réalise que je suis en train d’écrire tout cela comme si j’y étais. Quelle étrange sensation, je n’ai rien oublié ou si peu. Ami ! te souviens tu d’ARZEW de sa rue d’ISLY et de tout ce qu’elle a pu nous donner de beau et de bon ?

Certes ce passé c’est endormi dans nos cœurs, mais juste endormi, il sommeille en nous sans jamais mourir. Puisse la lecture de ce récit aider certains à retrouver ces repères qui nous sont chers.


23/01

Le Domaine !

Je viens par cet épisode vous faire partager comme de nombreuses fois les souvenirs de mon enfance, les uns après les autres. Ce passé que je nommerai tout simplement, mon vieil amour.

Aujourd’hui je vous parlerai des du Domaine, mon Parrain et ma Marraine que j’ai déjà évoqués dans le < dernier="" souper="">, et j’ai tellement de beaux souvenirs de ce domaine et de ces personnes que le besoin me pousse à vous les faire partager.

          Ces braves gens étaient métayers, le Domaine appartenait au Docteur ABADI d’ORAN. Il se situait à la sortie d’ARZEW en haut de la côte. C’était une propriété immense plantée d’oliviers et de vignes à perte de vue, au centre trônait le Domaine source de mes bonheurs.

M. et Mme SEZNER des personnes chaleureuses emprunts de bienveillance s’occupaient de toutes les tâches. C’est là que je passais de merveilleux dimanches, je garde la musique de leur voix et leur bonté au plus profond de mon être. Comme tous ces bons produits du terroir qui réveillaient nos sens à l’heure solennelle du repas du dimanche. Ce Domaine se composait d’une cour entourée des bâtiments des métayers, en face ceux des propriétaires car de temps en temps ils venaient passer des vacances. Au centre, les écuries et leurs chevaux qui attendaient que leur cavalier les enfourche pour de belles chevauchées à travers bois et chemins. Enfin le cercle se fermait par l’atelier du maréchal ferrant et la grande porte cochère cintrée, formée d’un assemblage de vieilles pierres. Ce passage permettait d’accéder à une autre cour beaucoup plus grande gravillonnée et d’où l’on découvrait la cave. Grande bâtisse avec ces cuves et son pressoir, combien j’aimais humer l’odeur du marc de raisin après les vendanges. J’en suis toujours restée imprégnée. A coté une petite porte en bois peinte en vert nous invitait à la franchir pour y découvrir le verger, des arbres et des fruits à foison. Mais celui qui est resté gravé dans ma mémoire est un jujubier et quel jujubier ! Il donnait des fruits gros et croquants, doux comme du miel avec juste ce qu’il fallait d’aigrelet, un fruit parfait pour obtenir le label de l’exaltation. Je m’accrochais à ces branches et ses fruits qui tombaient en cascade et je me laissais submergée de bonheur dans ce bain de jouvence. Ce jujubier je ne l’ai jamais oublié. Près de la cave s’alignaient en parfaite harmonie toutes les cages grillagées qui formaient le poulailler, séparant toutes espèces de volailles : les blanches avec les blanches et ainsi de suite pour ne pas être dépassés au moment des couvées. Une marre où barbotaient quelques canards j’aurai pu en faire autant car l’eau nous invitait par sa limpidité, sa transparence et ses alentours très soignés. Des pintades, des dindons dont le glougloutement faisait trembler tous leurs attributs de la tête. Mais le clou principal était la symphonie des paons. En effet de vieux arbres centenaires servaient de perchoir à cette cohorte de bels oiseaux gallinacés se pavanant de branches en branches en laissant échapper leurs cris stridents de , tirant derrière eux une traîne de plumes fastueuses et chatoyantes.

Le moment le plus attractif était si on avait la chance d’assister à la parade amoureuse qui se manifestait par une majestueuse roue, d’admirer ce déploiement de plumes aux couleurs et reflets scintillants et changeants qui embrassaient mon regard de l’enfant que j’étais.

L’entrée comme la sortie venaient clôturer cette belle cour qui affectait tous mes sens. Cette entrée était plantée de quelques palmiers nains, aloès, agaves, plantes d’origine du Mexique inutile de vous dire qu’elles s’y plaisaient : terres arides, soleil ardent, elles nous enchantaient par leur allure exotique. Quelques cactées venaient embellir ce coin paradisiaque et donnaient une note méditerranéenne, tout ceci planté et disséminé avec goût et diplomatie.

Dans un coin discret du domaine, caché à travers quelques bosquets et fleurs aux capiteux parfums émergeait le rebord en pierre d’un très vieux bassin où l’eau coulait en continu et servait à l’arrosage de la dite propriété. Cela ne nous empêchait pas par temps de sirocco ou de forte chaleur de s’y plonger juste le temps de se rafraîchir car elle n’était pas fraîche mais glacée. Avouez qu’en cette saison en Algérie cela était un luxe compte tenu de la chaleur accablante et du soleil de plomb que représentaient nos étés.

          Je crois avoir fait le tour de tous ces endroits de délice et de gloire, merveilleux dimanches que ces dimanches d’hier. Ces gens particulièrement bons qui ne sont malheureusement plus de ce monde. Ils m’ont tant donné en amour, en joie, la preuve, si je parle de ce temps aujourd’hui c’est qu’ils m’on parée de leur grâce et il est bon de se rappeler ces simples choses pour leur rendre l’hommage qui leur est dû.

          Pour sortir du Domaine, un petit chemin de terre s’étirait à travers les vignes sur 1 km à peu près de la route, celle qui menait à ORAN. Arrivés au bout du chemin nous prenions à droite pour rentrer sur ARZEW avec le sentiment d’avoir parcouru des espaces incommensurables et engrangés des trésors de douces amitiés et singuliers attachements.

          Je les parcoure encore dans mes pensées et mes petits enfants écoutent très attentifs les beaux récits de leur Mamie, ils sont mes premiers auditeurs, et ils en redemandent toujours, ils comprennent très bien que je leur raconte mon enfance. Cela les fascine, même s’ils ont du mal à se projeter il leur est difficile d’imaginer leur Mamie en petite fille, cela me fait sourire car pour eux j’ai été et je dois rester une Mamie.

          Je sais une chose, c’est qu’ils grandiront au rythme de mes écrits et de mes poèmes, leur petit cœur contient déjà tellement de trésors. Mon passé restera sans aucun doute une partie de leur héritage, quand ils comprendront mieux ils verront que leur Mamie a été une petite fille riche en aventures et évènements fortuits et surprenants.

          Je suis maintenant une Mamie à part entière comblée de deux petits êtres très dévoués, mes deux Amours.

 Céline

19/01

Le sifflet

Quand on partait par les chemins non pas à bicyclette, encore fallait il en posséder une, mais par bonheur avec nos bonnes petites jambes bien musclées pour courir le maquis et les champs nous cherchions les roseaux qui bordaient les routes et les ruisseaux. Ces mêmes roseaux qui nous attiraient par ce moyen prétendu leur appartenir d’un certain effet musical au mérite exceptionnel. C’es sifflets qui naissaient simplement en tirant sur la dernière pousse du haut de la plante du roseau encore tendre. On déroulait soigneusement cette membrane végétale qui allait devenir le sifflet en débarrassant tout son intérieur.

Ce fourreau vidé on le roulait à nouveau, on coupait deux doigts de son extrémité pour faire sortir l’air, voilà notre sifflet fin prêt. Il arrivait que l’on s’époumone à souffler dedans sans qu’un son ne s’échappe. Déçus il ne nous restait plus qu’à recommencer la même opération. Enfin nous étions heureux quand une petite musique mêlée d’une vibration sortait de ce pipeau improvisé, notre petit instrument de fortune était réussi.

C’était un moment de plaisir chacun donnait cours à son imagination et sa fantaisie pour donner ce petit concerto qui avait pour caractère de nous ravir et de faire de chacun de nous un petit soliste hors pair. Cette aptitude de créer quelque chose nous donnait l’air de petits génies, et nous en étions, car on jouait avec tout ce que la nature pouvait nous offrir.

Tout était prétexte à la créativité à la possibilité de développer nos dons, et là est notre mérite. Car que nous reste t’il à présent sinon ces beaux souvenirs à raconter d’autant que nous les avons tous vécu et qu’ils nous réjouissent même s’ils paraissent rudimentaires maintenant ils restent pourvus de grands sentiments et de douceur dans nos cœurs. Ils touchent en effet une époque, celle de notre enfance et de son insouciance.

 

                                                           Céline


16/01

Mon ressenti avant le Retour

    Plus que 5 jours qui nous séparent du jour J je ne parlerai plus du Pays pour l’avoir tellement ovationné, acclamé, honoré de gloire solennelle et triomphale, de pompeux éloges, qu’il sera inutile de s’étendre davantage. Non ce que je souhaite à 5 jours de toucher notre sol, voir d’y déposer le plus tendre des baisers, c’est seulement de vous parler de notre mental. De pouvoir se dire «  Enfin nous pouvons retourner chez nous après 43 ans d’exil » vous imaginez dans quel état d’esprit nous serons. Cette manière d’y penser, voir d’appréhender cette crainte mal définie de franchir ce cap, de sauter le pas oh combien douloureux. Non je ne peux encore rien vous décrire par avance ce Retour aux Sources. Néanmoins, il nous sera d’une efficacité certaine, un moyen radical d’extérioriser cette nostalgie, ce mal du pays qui nous tenaille et nous hante malgré ces années écoulées. Notre âme est restée quelque peu prisonnière de ce passé.

    Chacun fera sa propre opinion, sa propre analyse de conscience car chacun sera libre de son jugement, il lui appartiendra. Ce partage des sentiments nous le respecterons au sein du groupe que nous formerons, tous soudés étroitement par la même cause. Cette même raison considérée comme un devoir, un besoin de retourner au Pays de nos parents et bien qu’ayant les mêmes regrets, le même vécu, le même crépuscule dans nos cœurs chacun pensera différemment

Toutes ces motivations s’évaporeront certainement dans l’euphorie de ces retrouvailles de même que l’exaltation que nous procurera ce pèlerinage sur la terre natale. La surexcitation passionnée de retrouver ces lieux où on a vécu et que l’on vénère, que l’on voudrait en 8 jours rattraper le temps perdu, ce vécu particulier qui était le nôtre. Revoir sa maison comme avant ses rues animées comme au temps de nos seize ans, après s’être égaré loin, si loin…les violons de nos cœurs auront une telle résonance, une telle tension qu’ils couvriront nos sanglots refoulés puis enfin nos pleurs. Car comment résister au choc émotionnel à cette confrontation avec le passé par rapport aux lois du destin que nous avons dû subir au-delà des frontières. Qu’importe la vision, la perception des choses que nous allons vivre, on reviendra grandis, assouvis, rassasiés d’émotions,…guéris tout simplement.

    Pour certains se sera peut être un Adieu, pour d’autres qu’un au revoir à notre Terre. Nous la quitterons dignement en paix avec notre conscience, nous pourrons avoir une perception plus clair de cet exode une ferme conviction fondée par ce que l’on aura pu entrevoir et ressentir, avec le respect que mérite notre petit coin d’Algérie.  Ce coin dont nous sommes fiers d’y avoir vu le jour sans toutefois ne jamais l’oublier c’est la promesse que nous tiendrons, une résolution d’ordre sentimental sans aucun doute.

 

Céline


-----------------------------COMMENTAIRE

Son nom d'Arzew : Joëlle D.

Exceptionellement je, (Céline), m'autorise à poster ce commentaire qui a été fait par "Bianca Chipie" (pseudo FB), sur ma page  FB, tellement il m'est allé droit au coeur le voici :

"Le dernier souper" m'a beaucoup émue, très triste et plein d'amitié pour les soldats.

"Ma rue" : adorable texte d'une petite fille voulant faire un cadeau à sa Maman, un texte plein de tendresse et souvenirs de toutes ces senteurs des jardins. 
Un réel don d'écrivain, merci Céline pour tes textes, les beaux, les tristes, ceux qui font pleurer, tous Merveilleux."

6/01

Ma rue !

Ma Rue !…

 

Le regret avant toute chose pour donner le ton, la nuance des murs ou s’agrippent les roses grimpantes un soupçon sauvages,3° rue les Jardins,éden de mon enfance,carrefour de mes amours de merveilleux instants et de joies intenses.3° rue les Jardins où les maisons alignées,aux portes et volets a persiennes pour mieux se protéger du soleil et laisser passer l’air, cachent cours et jardins. De partout s’élèvent des senteurs suaves ou se noie ma raison. Le jasmin alourdi par la rosée du matin, salue le chèvre feuille où circule le frisson.

 

Ma rue est pleine de silence que le vent doux caresse. En parlant de ma rue, je libère mes sentiments de nostalgie, car là-bas flotte mon enfance fardée de souvenirs. Mon âme enfantine vole tel un papillon blanc.

Je me souviens lorsque j’étais enfant a l’occasion de la fête des mamans, j’avais coutumes de me présenter devant la grille du jardin de M LINARES, secrétaire de mairie afin de recevoir le bouquet de roses dédiées a ma maman en ce beau jour. Son jardin détenait les plus beaux spécimens de rosier de la création. Notre cher poète RONSARD, aurait eu l’embarras du choix pour parler de la rose car toutes avaient écloses aussi chatoyantes en couleurs, qu’en senteurs. Il était fier de sa roseraie. Je suis encore enivrée de l’odeur qui s’en dégageait

Voyant ma mine  qui devait exprimer tout le désir du monde, et mes petites pièces dans la main, il m’ouvrait la grille de son jardin comme on ouvre son cœur. Il avait tout compris. Le sécateur d’une main et la gentillesse dans l’autre il partait victorieux d’avance à la conquête de ses roses et de ses plates-bandes. Moi j’étais conquise par sa bonté et déploiement de cœur à mon égard, vu la petite personne que j’étais a l’époque, je le suivais confiante et heureuse vers ce tendre dénouement. La cueillette terminée, il m’était tout autour du bouquet de la verdure pour éviter que je ne me pique, il le ficelait et me le tendait en s’accordant j’en suis sure un instant de plaisir à me l’offrir le même que je prenais à le recevoir. Il refermait ma main sur les petites pièces destinées à payer ma dette, une furtive caresse sur ma joue venait clôturer ce doux tête à tête, je refermais la grille du jardin en ayant pris soin de le remercier.  Je courais enfin vers maman le cœur léger lui offrir mon bouquet. Je garde de ce maître du musée de la rose un souvenir inoubliable car seules les choses qui nous ont touchées ne s’effacent jamais de la mémoire, celle-ci est indélébile tant par sa vérité et sa spontanéité. Les coups de cœur de ma rue ne s’arrêtent pas la heureusement. Tant d’autres ont réjouis mon cœur, c’est pour cela  que je parle de ma rue avec tant d’allégresse, elle abrite mes joies et tout ce qui faisait mes bonheurs.  Le parfum des roses se répand toujours et se mêle aux moindre recoins qui faisait de la 3° rue des Jardins, une rue irremplaçable avec ses petites maisons en enfilade où sous chaque toit se jouait une vie haute en couleur, ses coutumes son folklore.

 

Céline


3/01

Le dernier souper !

Le vent de l’Histoire me transporte toujours vers un sentiment de délivrance lorsque je dois vous faire partager un moment de la Vie là-bas. Ils m’animent de maintes certitudes, car ils sont des moments forts et qu’ils glorifient notre passé lourd d’évènements merveilleux mais aussi dramatiques encore incompris. Pour celui ci il s’agit du dernier souper, donc la veille de notre départ. Mon parrain et ma marraine étaient métayers dans un grand domaine situé à la sortie d’Arzew sur la côte qui montait vers Saint Cloud. La situation devenant préoccupante ils décidèrent de descendre vivre à la ville, plus sécurisant, tout en continuant de surveiller le domaine. Ainsi nous avons passé une dizaine de jours, les derniers, à partager leurs repas c’est à dire les produits de la ferme : poulet, canard, œufs, lapin, huile d’olive de l’oliveraie et le vin du cru dont les vignes s’étendaient à perte de vue. Mon parrain descendait ces délicieuses denrées tous les jours.

          C’est ainsi que la veille de notre départ ma marraine et ma mère décidèrent de préparer une  < magistrale="" frita=""> afin de prendre ce dernier souper au bord de la mer comme nous avions l’habitude de le faire. Arrivés au bord de cette belle Méditerranée avec nos paniers, le pain, la bonbonne de vin et tout autre produit de la ferme, nous empruntâmes un petit chemin de terre où le bruit de la vague mourrant sur les rochers nous laissait deviner que nous arrivions au lieu dit. A la recherche d’un endroit un peu à l’abri de la brise marine un imposant rocher nous offrit < son="" confort=""> pour cette halte choisie. On étalait la nappe à carreaux ainsi que tout le contenu de nos paniers. A ce moment précis mes yeux se posèrent sur l’horizon et là j’en mesurais les conséquences, l’irréparable, nous devions partir.

          Refoulant leur émotion mes parents, parrain et marraine s’installèrent tant bien que mal pour siroter une anisette avec quelques olives cassées et des escargots à la sauce très piquante (j’en ai l’eau à la bouche). Bien sur ils échangèrent quelques regrets en se posant la question Pourquoi ? Pourquoi ce gâchis ?

          Sept heures sonnaient au clocher de l’église et les sons de cloche nous parvenaient comme une bénédiction à l’intention de notre départ. Puis comme conviés au festin qui nous attendait en l’occurrence cette frita nous fîmes honneur à ce plat traditionnel qui soudain nous paru moins bon qu’à l’accoutumé. Il avait comme un goût de nostalgie évidemment c’était le dernier sur notre SOL.

          Non loin de nous se baignaient, quatre militaires Français du contingent. On les invita à partager notre dîner, nous n’avons pas eu besoin de leur répèter deux fois, ils se sont joints à nous un peu gênés tout d’abord mais très vite nous avons sympathisé. Je vous prie de croire qu’ils se régalèrent de toutes ces bonnes choses de chez nous. Quant au vin il coula à flot, sa couleur et ses baumes s’évaporèrent au sens propre du mot. Nous avons échangé quantité de palabres et de rires aussi.

           A  la fin du repas nous leur annoncions que c’était le dernier que nous faisions sur notre terre d’Algérie et que nous avions voulu le faire au bord de la mer, la même qui devait le lendemain nous entraîner sur un bateau fantôme vers un avenir incertain laissant là toute notre vie, nos souvenirs et surtout nos disparus témoins de notre mémoire. Le silence se fit alors autour du cercle que nous formions comme pour respecter notre déchirure de cœur. Sur leur visage se lisait l’émotion qu’ils venaient d’éprouver en écoutant notre récit. Ils se mettaient bien à notre place en compatissant à notre douleur et, nous disaient-ils:«  en tout cas croyez en notre sincérité, nous ne vous oublierons jamais, ni le partage de votre dernier repas si gentiment offert, il restera en nous gravé dans nos cœurs ».

          Ils nous quittèrent troublés par une touchante accolade en nous souhaitant beaucoup de chance et de bonheur. En les regardant s’éloigner nous avons fortement pensé à leur Maman, un sentiment de fierté mêlé de douceur nous enveloppa. Une famille Pied-Noir venait de donner à leur enfant plus qu’un sourire, plus qu’un partage, un élan de générosité et de solidarité.

          Tout à coup la mer près des rochers me parue plus trouble tant mes yeux étaient noyés de larmes car j’avais remarqué que sur le visage de mes parents se lisait le désespoir, l’amertume et toute l’affliction du monde. Ils se mirent à raconter leur vie par brides, des phrases entrecoupées de sanglots. Ce souper qui devait être gai, mémorable, prit une tournure de désillusion, de vains espoirs pour le futur. Cela traduisait bien le regret la tendresse pour leur pays. Je les comprenais car j’avais les mêmes sentiments.

           Avec l’agilité de mes seize ans je me précipitais et dégringolais les rochers un à un jusqu’en bas afin de toucher une dernière fois la mer et le sable, ciment de ma jeunesse. Le jour baissait et avec lui la couleur de la mer perdait de son éclat. L’abandon se lisait sur la cime des vagues comme une guirlande de baisers. C’était l’Adieu à ma Terre.

          Cinquante sept ans après je repense toujours à ce dernier souper, à cette frita sur les rochers au bord de la mer, à ces personnes qui me sont chères et qui ne sont plus à l’exception de ma Maman (au moment où j'ai écrit ce texte). S’exalte de ce récit un souvenir si pur, si doux, si vrai que je suis heureuse de vous le faire partager aujourd'hui.

          Ah! J’avais oublié, ces militaires du contingent ont vieilli comme nous bien sûr mais se souviennent- ils de nous, de ce partage ? J’en suis persuadée car la jeunesse ne s’oublie jamais.

Le temps redore toujours les célestes souvenirs. Ils étaient là pour une France éternelle, aujourd’hui avec l’exil nous pourrions dire la France d’hier, la France de notre enfance.heart

Céline


La légende d'Arzeweb

La légende et l’âme d’Arzeweb

 

 Tout d’abord qu’est ce une légende ?

 

Ce peut être tout naturellement un fait, une histoire qui ont existé et de surcroît avoir été embellie par une imagination fabuleuse, des récits poétiques ou encore tout simplement un recueil.

Pour ce qui est du site Arzeweb ce justificatif lui sied, il est le plus explicite le plus formel. Le site d’Arzeweb existe pour réunir, rassembler une communauté dispersée au quatre coins du monde donc un peuple dont les composants sont plus ou moins perdus de vue. Il est la cathédrale lieu sacré où l’on recueille toutes les reliques que l’on vénère afin de les conserver religieusement sur des documents historiques photographiques et vidéos relatant notre vécu là bas et bien sur nous concernant. Certains même nous ont été adressés par je ne sais quel messager…divin sûrement…

Il est un lieu de refuge où l’on peut venir chercher le soutien moral que chacun d’entre nous revendique légitimement en découvrant les belles choses de notre passé. Il est enfin l’asile par excellence en raison de son caractère sacré pour ce que l’on y découvre au fil des rubriques toutes autant émouvantes sentimentales et enrichissantes qu’elles révèlent. Un espace où l’on se sent chez soi car il vous appartient avant tout. Vous pouvez naviguer sans crainte sans aucune appréhension sauf si vous tombez sur un obstacle qui vient vous heurter en plein cœur et vous fait chavirer car il y a des souvenirs que la mémoire conserve et les nôtres sont sacrés. Puis après une petite escale tendresse pour vous remettre de vos émotions le voyage continue agréable et plein de surprises.

 

En effet nous sommes très heureux de constater l’ampleur et l’importance du site par rapport au nombre des visiteurs du monde entier qui prennent plaisir à venir, et revenir surfer sur la vague soulevée par le vent de l’histoire. Cette même histoire qui continue d’exister et de perdurer par le biais d’Arzeweb qui j’espère durera longtemps et longtemps encore pour le plaisir et le réconfort qu’il procure.

Ainsi on pourra à la suite de cette belle aventure décerner le titre de  « légende d’Arzeweb » à cette initiative.


--------------------MON CHER ET BEAU VILLAGE

Combien je le regrette mon cher et beau Village

Et sa terre et son ciel tel un eldorado,

Avec son bord de mer et miroitant rivage,

Son soleil, ses ruelles plus chaudes qu'un flamenco.

Je veux parler d’ARZEW village de mon enfance,

Frisson de ma jeunesse, perle de l'Oranie.

Et si je parle de lui avec tant d'éloquence

C'est qu'il réveille en moi immense frénésie.

Par-delà cet écrit, je veux lui rendre hommage

Non sans un long soupir et regrets refoulés.

Mais avec modestie employer ce langage

Quand je parle de lui et de ses voluptés.

Je n'ai pu retenir en le quittant mes larmes.

Je l'aime mon cher Village, ce bled d'Oranie.

Je rêve très souvent que je largue les amarres

 

Pour traverser la mer, vaincre la nostalgie...


------------------------VAGABONDAGE

Quelle belle enfance nous avons eu, et quelle belle chance...

Privilégiés par le climat, heures exquises...

Quand nous courrions dans les genêts, douces vacances

En espadrilles, chapeaux de paille, courtes chemises.

A perdre haleine nous avancions dans les marées

En pataugeant dans l'eau stagnante et les roseaux.

Canards sauvages, colverts effrayés

S"échappaient tour à tour ainsi que les perdreaux.

Chaque sortie était moisson de rires et de discours.

Le chardonneret et le pinson aux heures chaudes de l'été

Piaillaient et s'ébrouaient dans la fontaine de la cour,

Pendant que la fauvette séchait ses plumes sur l'aubépine immaculée.

Nous nous abreuvions du doux miel du chevrefeuille

Grimpant le long d'un mur de pierre délabré.

La vieille treille abandonnée ne donnait plus de fruits, de feuilles.

Son tronc noueux et desséché espérait encore un été.

Nous humions à plein poumon la brise parfumée des collines

Draguant sur son passage la suave odeur des orangers.

Nos courses folles se terminaient les pieds nus, bonne mine,

Assoiffés dans la fraîcheur d'une source ombragée.

Nous rentrions le coeur gonflé et les genoux écorchés,

Les poches pleines de trésor et de reinettes suffoquées.

Nos chapeaux égarés, nos culottes déchirées,

L'esprit bien éventé de ce vent de l'enfance regretté.

 

 


-----------------------MES AMIES MON ECOLE

Je me trouve au 4° rang, la 5° de DàG. (Cliquer sur la photo)

C'était une bâtisse aux murs tout décrépis,

Aux fenêtres immenses barreaudées et rouillées.

La classe était austère et combien redoutée

Mais comme elles étaient belles ces heures à étudier. 

Dans la cour la récrée était bien agréable.

Nous bavardions souvent assises sous les arbres.

De grands eucalyptus au flamboyant ramage,

Nous servaient de décor en même temps que d'ombrage. 

Que sont-elles devenues mes amies d'autrefois ?

Certaines je m'en doute ont dû faire comme moi.

Pour une, l'Australie l'a reçu dans ses bras,

Yamina, Fatima, elles, sont restées là-bas.

Je n'oublierai jamais mon école mes amies.

Quel âge merveilleux, confiseries, railleries,

Inconscience, insouciance, c'était le paradis.

Et que de souvenirs de mon si beau pays. 

Certes il me reste de vieilles photos jaunies

Témoins de ces instants passés en Algérie.

Mes regrets Oh! Combien... me traversent l'esprit.

Était belle mon école et douces mes amies.

heart


-------------------------MA COMMUNION

Il faisait beau un jour de mai en Algérie,

Un jour qui s'offrait à la joie comme à l'espérance,

Me revient en mémoire ce moment de vie.

Ces instants de magie que l'on appelle enfance.

Les cloches s'envolaient, mettant à profit nos ardeurs.

La lumière jaillissait recouvrant d'or les horizons.

Un air de kermesse régnait partout dans nos demeures,

En ce jour solennel de prière, d'oraisons.

Sur le parvis de l'église, tels des papillons blancs

Les groupes se formaient et du fond de l'autel,

Débordant d'orchidées, d'oeillets et de lys blancs,

S'élevaient des cantiques à l'écho éternel.

C'est dans cette communion de foi et de croyance,

Et dans ce lieu béni où je fus baptisée,

Que mon entrée se fit, l'allure chancelante

Devant tant de mystère et l'esprit médusé.

Les yeux larmoyants d'un trop plein d'émotion,

J'avançais recueillie ivre de compassion

Heureuse, déterminée, fière de ma mission.

 

Je reçus en ce jour, émue, ma Communion.


-----------------------------LA TONNELLE

Avec ses croisillons de fines lattes en bois,
Elle était la fête de mon regard d'enfant.
Dans ce pays baigné de soleil et de joies,
Elle était l'oasis qu'on offrait au passant. 
A l'ombre du feuillage du doux jasmin en fleur,
Nous retrouvions l'extase de la saveur des plats,
Du bon vin de chez nous qui fait chanter le coeur,
Fusionner nos esprits et nos rires en éclats. 
Là, se dégustait pèle mêle sur la table,
La corbeille d'oursins, pælla et caldéro.
Le tout relevé de l'accent formidable
Joyeux comme un pipeau taillé dans le roseau.
Avec ses croisillons de fines lattes en bois,
La tonnelle bouillonnait de cris et de rires
Là il faisait bon tout comme autrefois,
Ouvrir la causerie comme on ouvre les livres.
Et quand le soir venu sous la lampe un peu pâle,
Le conteur de ces lieux, mon Père en l'occurrence,
Nous retraçait sa vie, comme un poignant message.
Et c'est sous cette tonnelle que flotte mon enfance...

Céline 


------------------LA MACTA & SON CROCODILE

Née fille du soleil car là-bas sont restées mes racines. Le désert me ressemble car dépourvu de superflu, il m’invite au silence, à la méditation dont je me nourris. Ce désert je l’imagine car je ne l’ai pas connu ou du moins a peine approché quand enfant j’allais certains dimanches a la Macta en compagnie de mes parents et d’amis. Nous revenions les bras charges de brassées de genets,tous entassés derrière la camionnette de mon père. C’est la que j’ai pu goûter au plaisir des dunes, de la liberté, de l’espace et de la lumière, les mots clefs du désert.

Est-ce l’entêtant parfum du genet qui réveille en moi le souvenir de ce désert….sûrement car dans mes rêves il ressurgit, s’élevant du sable encore imprégné des rayons intempestifs du soleil, de cette approche j’ai pu en déduire à quoi devait ressembler le vrai désert avec l’infiniment plus beau,ce désert habille de mille éclats pour mieux s’intégrer dans le paysage d’aventure. Il recèle une âme résolument dédiée à la lumière, à la liberté, à cette grande étendue de sable et colline aux formes sculpturales.

Et dire que je vivais si prêt de ses portes, de ses marches sans jamais les avoir franchies. Pourtant il me tendait les bras,je n’étais pas si loin de lui. Je l’imagine sublime quand le soleil le recouvre de paillettes d’or, les dunes, ses collines de sable impressionnantes par ses mille facettes jouant avec le soleil quand ses rayons glissent sur les parois taillées comme un diamant.

Il paraît inexploré tant ses lignes sont parfaites, certes changeant quand la tempête de sable vient le remodeler,mais très vite il reprend l’apparence, l’aspect qui le distingue, un lieu inégalable que nulle autre chose ne peut être comparée. Il dégage, libère un espace d’éternité, je dirais même de source de mystère. Il me chuchote a l’oreille des douces symphonies a plusieurs mouvements,comme celles du vent sur les dunes. Dans mes rêves je cours à perdre haleine vers cette étendue qui m’invite, m’entraîne vers ses mirages, ce phénomène étrange, cette apparence trompeuse de reflets d’eau, de marécages dû a l’échauffement ou la densité inégale des couches de l’air. J’ai beau avancer je ne parviens jamais a l’atteindre, ce n’est qu’une illusion d’optique mais qui me fascine.

Cette vaste région inhabitée en raison de son aridité me convient. Je m’abreuve de son soleil,de son silence,de son ciel bleu et limpide milieu dans lequel j’ai vu le jour.

Jaime son sable chaud fuyant et glissant sous mes pas, ses secrets d’aventure,

Cela reste un sentiment de frustrations que j’éprouve quand je pense a lui, et qui se manifeste par du regret, car combien j’aurais aimé m’imprégné de son atmosphère salutaire, pour envahir mon âme de ce farouche dépaysement. A l’exception de quelques caravanes de Touareg et de leurs chameaux,rien ne vient troubler ni modifier l’acuité, l’intensité du silence et de lumière que nous offre cet imprévisible et merveilleux désert. Il est toutefois habité de petits reptiles et d’espiègles petits renards des sables, ces petits fennecs toujours à l’affût.

Quelques roses des sables viennent embellir ce lieu paradisiaque,ces jolis roses du désert joliment parsemées çà et là faites d’agglomérations de cristaux de gypse, prestigieuses car nées sous l’influence du charme et de la beauté du désert.

Apres cette belle échappée a travers dunes et mers de sable, je me sens comme purifiée envahie par une sensation d’étrangeté, d’imaginaire allant jusqu'à l’extrême horizon, région que j’aimerais de tout mon cœur explorer, ce rève serait-il réalisable ?

Sinon je continuerai à y croire comme au temps ou je courais les dunes de la Macta, c’était notre petit désert à nous, avec en plus le parfum du genet qui embaumait les lieux d’une odeur agréable.

Et que dire du crocodile de la Macta, est-ce une légende ou une histoire vraie,à vous de débattre……

 

 Céline

 

 

 

 


--------------------------------MON PAYS !

Je le voyais avec la même noble habitude
Nous étions tous deux voués à un même destin,
Je croyais au bonheur, au berceau qui rassure,
Comme l’aube claire espèrent ses matins.

Je me nourrissais du blé doré de ses plaines
Pour renaître plus forte ainsi chaque matin.
Je contemplais ses nuits et ses ténèbres d’ébène
J’en ai perçu l’écho d’un tango Argentin.

J’ai humé ses essences et sa poétique douceur
Lui mon village honoré, unique baume de mon cœur.
J’ai gardé dans ma mémoire l’éclat de ses couleurs
Il s’y reflète encore d’une extrême blancheur.

J’ai entendu, l’agitation joyeuse de ses plages,
Contempler l’attrait des barques colorées sur la grève.
La mer et le ciel se confondrent et embellir l’ineffable rivage,
Décor de ma jeunesse brillant comme un soleil, ou sont ces âges !

J’ai souvenance de ma cité, de la mer qui la couronne,
De l’atmosphère de ses rues, de ses espaces parfumés,
De ses ruelles attiédies au delà même des automnes,
Ivresse irrésistible, prisonnière de mes pensées.

Quand je l’ai vu s’éloigner du navire qui m’enlevait,
C’est toute ma vie qui se déroulait sous mes pieds.
J’ai pleuré. Je laissais ma jeunesse à demi consumée ,

Et mon cœur tout neuf suspendu au palmier……..heart


HOMMAGE AUX DEFUNTS, réstés à jamais là-bas.

Qu’ils dorment en paix recouverts de ce linceul de roses pales, témoin lointain d’un dernier Alléluia pour leur repos.

 Je vais par le chemin, celui de ma mémoire, celui qui monte.

Je pousse la vieille grille qui grince et s’entrouvre à peine.

Je marche entre les tombes où montent comme des louanges secrètes quisuscitent mon coeur,tandis que mon âme pleure comme l'eai des fontaines.

Je me penche  pour mieux m’imprégner de l’écriture, mon cœur bat en silence.

Je cherche dans ce lieu endormi une part de moi-même, un sourire charnel.

La ramée de roses pales qui coure sur la pierre l’a revêt de belles apparences.

C’est vrai qu’un ange l’habite, notre petit amour, notre regret éternel.

Entre quelques prières et visites des tombes, que de souvenirs !

Combien de défunts ont marqué un instant de ma vie, avec dignité je les bénis.

De mon plus grand respect, de ma reconnaissance, comment le définir ?

Avec enthousiasme, je me suis inclinée sur leur vécu et leur sommeil aussi.

Non je n’y suis pas allée, je n’ai pas entrouvert la grille ni arpenter le chemin, je l’ai juste imaginé, comme si je l’avais réellement parcouru,

C’est un combat que je mène avec mon passé, mais ce sera pour demain.

Pour l’avoir tant imaginé, désiré, pressenti et tellement voulu.

J’irai les yeux fermés dans ce cimetière où foisonnent les ronces et les roses.

Le bruit de la mer frappant sur la falaise couvrira mes longs sanglots.

Au rythme de chaque vague, j’égrènerai mes prières ce sera si peu de choses comparé au bonheur d’être près d’eux, du tombeau où ils reposent.

Céline

 

 


---------------LA SOURCE St ANTOINE

 

          Combien j’ai douce souvenance des belles promenades que nous faisions avec l’école. Mais celle qui me revient en mémoire c’est « la source St Antoine.Nous empruntions le petit chemin qui nous menait dans ce havre de paix. En rang par deux nous arrivions dans ce lieu de fraîcheur et de plaisir, la gourde en bandoulière, le goûter sous le bras et surtout le chapeau de paille. Assommées par la chaleur, nous apprécions fort agréablement l’immense frondaison de verdure où les branches s’entrelaçaient pour ne laisser apparaître que des mosaïques de ciel bleu.

  Je crois entendre le doux murmure de la source, et les rires joyeux de mes amies. On respirait l’air embaumé que délivraient toutes ces fleurs des champs où nous courrions à perdre haleine cueillir le bouton d’or, les glaïeuls sauvages d’un rose et d’un bleu opalin, les marguerites jaunes et blanches, la goutte de sang, inépuisable flore voluptueuse et changeante. Puis arrivait le moment, où haletant de fatigue nous cherchions un coin d’ombre verdoyant pour calmer Nord appétits et étancher nos soifs. 

 L’heure avançant, il était temps de ramasser notre attirail et bouquets champêtres que nous avions composés avec soins. Le regret au cœur de laisser ce coin de source et son gai murmure, ainsi que le chant mélodieux des oiseaux, infatigable romance. Nous reprenions le petit chemin, le cœur léger le pas alerte en chantant allègrement cet air que beaucoup d’entre vous se rappellerons cette Chanson:

 « Le matin tout resplendi tout chante,

le ciel est bleu

la terre flamboie

et pour nous qu’il pleuve, tonne, ou vente

de tout temps nous chantons notre joie

car chaque jour est un jour de fête

dans notre cœur le soleil brille toujours

pleine de joie d’élan et d’amour

notre chanson s’élève chaque jour »

 

C’est vrai que chaque jour était jour de fête notamment les jours de promenades ivres de soleil et de liberté, cueillant le gentil coquelicot, roi des lieux sauvages. Tressant  de jolies couronnes d’aubépine qui auréolaient de leur grâce nos jolis minois enfantins. C’était l’age des beaux hier l’age de l’innocence.

Ailleurs loin d’ici coule peut être toujours inlassablement la source St Antoine, privée de nos rires cristallins et de nos douces chansons. Notre petit fantôme hante toujours ce lieu, moissonne toujours des brassées de fleurs des champs emprunte le petit chemin où nos rêves s’exilent.

Céline

 


-----------------------SOUVENIRS DE JEUNESSE

Notre jeunesse est passée tel un vol d’oiseaux migrateurs, comme cet envol un peu déboussolé, nous avons dû traverser notre Mer Méditerranée en laissant derrière nous tous les charmes de notre existence et non les moindres. Un ciel d’azur et de lumière nous a accompagnés une rose dans nos cœurs.

Enfants du soleil il ne nous manquait pas de fantaisie on obéissait qu’à notre imagination pure comme notre innocence. Nous sommes passés d’un territoire à l’autre en laissant un empire fait de passion, un passé prestigieux pour un autre tant inconnu que fortuit. Nos escales avaient un goût de chagrin amer et notre arrivée était remplie d’indifférence dans ce lieu inconnu. Combien avons-nous souffert de l’absence de notre soleil et de notre terre. La mémoire, notre amie se jouait dans les méandres de nos souvenirs, elle ne nous a jamais rattrapée car ils étaient là présents enfouis fantastiques et divins. Du soleil à l’ombre les cœurs se sont tus, les rires se sont envolés mais il reste dans nos cœurs la fierté d’être nés là-bas animée de nobles sentiments d’où la disposition d’être facilement émus et touchés. Je veux dire par là que notre jeunesse a été tissée et entrelacée de fils de plusieurs natures. Mais le plus beau des brins est celui du fil de notre vie et de nos jours passés sur notre terre. Ce brin nous a renforcé car plus solide et intense d’une impérieuse envie de renaître et de faire confiance au destin qui lui seul a su fixer le cours de tous nos évènements.

 Céline.


-------------------Nous ne les oublierons jamais !

Comment ne pas se remémorer ce triste anniversaire, des décennies de nostalgies, des montagnes de fabuleux  souvenirs, de sensibles images de cet unique ailleurs. Comment ne pas être sensible aux dernières heures affreusement ressenties avant de quitter et de fuir tous ces plaisirs, ces odeurs, ces villes blanches que le soleil inondait de lumière, je veux parler du désespoir de l’exode éprouvé par chacun d’entre nous. Aujourd’hui, cinquante ans après, c’est  à mes parents que je pense et que je pleure car ils ne sont plus et qu’ils me manquent. C’est ici, loin de leur terre chérie qu’ils dorment pour l’éternité. Etait-ce leur dernière volonté de reposer loin de leur terre promise, loin de leurs défunts, loin du sol qui les avait vu naître? Je refuse de le croire.

C’est de leur détresse et du sentiment d’impuissance qui les habitaient au moment de tout quitter que je pense après toutes ces années d’exil,  je garde à l’esprit l’adieu à leur terre et leur ressenti, une terre qu’ils ne reverront  jamais plus, à leurs désillusions, à leur dernière visite au cimetière, devant les sépultures de leurs êtres chers qu’ils abandonnaient pour toujours.

Voilà aujourd’hui, le sentiment  affectif  le plus marquant  que l’exode  me renvoie en  ce triste anniversaire, des scènes tristes,  extrêmement mélancoliques.  Du pays certes, il me reste des souvenirs indélébiles,  ses parfums, son soleil, ma jeunesse, néanmoins j’ai avancé et franchi les étapes de la vie, toujours en parallèle avec ce passé qui ne m’a jamais rattrapé et qui m’a aidé à  avancer. Néanmoins avec le temps écoulé il me semble qu’il me revient plus obsessionnel, plus préoccupant que ces dernières années. Le temps ne me fera jamais  oublier,  les moments vécus sur cette terre d’Algérie, il en sera ainsi jusqu'à la fin de ma vie.

Que le plus beau de ce passé puisse encore longtemps  résonner et exister dans mon cœur et dans mon esprit, jusqu’à que je comprenne un jour d’où me proviendront  ces mornes et silencieux regrets que je  ressentirai comme mes parents eux même les ressentirent au crépuscule de leur vie, et où mes pensées s’égareront  là-bas, si loin,  au joli lieu  de mon enfance.

                                              Céline


AUJOURD'HUI C'EST MOI QUI RACONTE MON EXODE.

Cinquante 55 ans déjà !  Août1962…… Août 2017    

 Cela a fait plus de un demi-siècle que le destin bascula, seule et unique raison de mon départ, du renoncement à ma terre, à mon beau pays. Il m’a tellement manqué, je l’ai tellement pleuré. C’est là-bas que j’ai vu le jour, que j’ai connu mes bonheurs, mes enchantements, comment oublier cette vie, faite d’extases et de ravissements, c’est vrai que nous avions l’âge de l’insouciance !

Après toutes ces décennies loin de ma terre, le désir me pousse à reparler de lui. Je l’ai tellement sublimé, distiller  souvenirs après souvenirs, et ce jusqu’à la lie de ma mémoire, tant dans mes écrits que dans mes poèmes, cependant  ces appels vers lui m’ont aidé à adoucir ma rancœur et l’animosité qui parfois m’habitaient.

Pour cet évènement tellement symbolique, où le ressentiment et le regret sont encore si vifs, je veux lui rendre l’hommage qu’il mérite. Je suis marquée à jamais de son empreinte indélébile, déjà, parce que je suis native de ces lieux enchanteurs et inoubliables. J’ai laissé  là-bas mon berceau et la fraîcheur de l’innocence qui le recouvrait. Il fait partie de mon histoire, l’histoire de ma famille, mes parents, mes aïeux émigrés espagnols, venus chercher un monde meilleur, comme tant d’autres émigrants, arrivés des quatre coins de France, d’Italie, d’Alsace et d’ailleurs.

Je veux rendre grâce à nos courageux pionniers qui se lancèrent à corps perdus dans des travaux pharaoniques pour nous frayer la voie de notre avenir, notre destin, dans les conditions que nous connaissons, ce désert de feu et de pierre avait du leur confier des mots pleins d’espérance, pleins de convictions, pour avoir autant stimuler leur ardeur, et faire de cette terre un eldorado, c’est ce que nous avons essayer de maintenir afin de poursuivre ce qu’ils avaient commencer. Malheureusement tout ce labeur, tout ce combat prirent une tournure de gâchis au moment de l’exode,  entravée par les conflits et la guerre, engloutie par l’émigration, ruinant tous nos espoirs.

J’ai laissé ce paradis enchanté pour un exil à l’époque incertain, car inconnu, et cinquante ans après, je peux vous dire que sans avoir été malheureuse, ma terre m’a manqué éperdument et me manque encore. L’exode, car il faut en parler, a été un désastre, par sa cruelle débandade, qui a disperser les familles dans tous les sens, comme un vent de tourmente et de violente tempête, un rêve angoissant que nous avons vécu debout et bien réveillés. Une situation éprouvante de voire nos familles  prendre une autre direction que la notre, divisant nos vies, brouillant nos pensées, et notre avenir.

Nous avons pu nous en rendre compte au cours de toutes ces décennies d’exil, quand un des nôtres quittait ce monde, et encore de nos jours, Il fallait sillonner la France, quand ce n’était pas plus loin, pour aller se recueillir une dernière fois devant sa dépouille, afin de revivre l’instant de quelques heures encore avec lui, les souvenirs  de toute une vie de partage et de complicité.

J’ai laissé là-bas la mer, ses plages où les souvenirs abondent, elles nous rappellent  des aventures  brillantes de plaisirs,  des événements marquants, l’empreinte de nos pas sur le sable, effacée par le temps et  l’exubérance des vagues. J’ai laissé ma montagne aride et ses djebels, et sur chaque pierre mes baisers de l’adieu.

J’ai laissé, la jeunesse de mes parents, leurs forces et leurs sueurs, et dans leur bras mon enfance endormie, à l’ombre des palmiers.

J’ai laissé toute cette beauté pour combien d’incertitudes, d’ambiguïtés qui sont venues interroger souvent ma mémoire.

Tous les pays ont une odeur, le mien est sans pareil, l’odeur de l’Algérie et de ses orangers, le parfum du jasmin, du melon que l’on coupe et que l’on déguste à l’ombre d’une treille, le laurier rose et ses baumes envoûtants, la menthe, le basilic, non ! Je n’ai rien oublié, tous ces aromes ont excité mes sens de l’enfant que j’avais été, à l’adolescente que j’étais devenue au moment de l’exode.

Je vois dans mes rêves, l’entrée de mon village bordée de palmiers, le monument aux morts où tant de fois nous nous sommes recueillis pour honorer leur mémoire et reconnaître leur mérite, le beau drapeau de la France flottant au dessus de nos têtes, signature d’une Algérie française,  l’école maternelle d’où remonte mes premiers chagrins de laisser maman, pour un monde inconnu et saisissant de solitude et d‘abandon pour le petit enfant que j’étais.  Je revois la ville coquette et fringante, son kiosque, l’église, témoin d’une époque glorieuse et de tous nos passages devant dieu, je ressens l’ambiance parfumée et joyeuse de ce temps révolu.

Je revoie son magnifique littoral et ses calanques d’un brun -rouge résultant de la corrosion des embruns, de la fontaine des gazelles  au cap carbon et même au-delà, où le vent du grand large me ressuscite, l’émotion m’étreint de toutes ces images qui s’en dégagent. Je remonte par la pensée, la petite montée qu’il fallait gravir avant de franchir la grille du cimetière marin où nos chers disparus y reposent, bercés par le retour incessant des vagues mourant sur la falaise, ils y dorment à jamais, gardiens de notre patrimoine déchu, néanmoins il reste pour toujours leur petit coin de terre mérité, leur sépulture éternelle, sous des cieux toujours cléments, propices à la sérénité et à la quiétude.

Cinquante ans d’exil, c’est une vie, mais dans mon cœur, seule survie l’aube de ma vie là-bas, celle de mes premières années, une aube  

prématurément évanouie qui n’émet plus de lumière,  qui ne bat plus, qui ne brûle plus du feu de la passion, effacée, engloutie par la déchéance de l’ émigration, le départ en masse de notre communauté déboussolée, envahie de vague à l’âme, qui n’a fait  heureusement, que renforcer nos valeurs par le courage et la fermeté devant les épreuves. Nous sommes restés les adorateurs de ce passé, fidèles à nos coutumes et à nos traditions léguées par nos anciens, fidèles aussi à notre accent qui fait encore partie de notre moi profond, de notre individualité, seul héritage de notre passage sur cette terre d’Afrique, n’en déplaise à certains ! Notre mère nourricière que nous chérissons, nous, enfants du soleil, enfants de l’espoir et du désespoir, enfants de l’histoire, enfants pieds noirs pour l’éternité.

Céline


-------------------ICI C'EST NINO QUI S'EXPRIME

Merci ma Céline de m'inviter dans ta page.

Vendredi 13 juillet 1962 

Voilà donc plus de 55 ans que je quittais ma ville natale.

Le 10 juillet, un de mes oncles qui était gendarme à Oran nous avise maman et moi qu’une jeep de la gendarmerie viendrait nous chercher le 11 à Arzew pour nous mener jusqu’à Oran. Pourquoi ce mode de transport, et bien pour des raisons de sécurité car la route Arzew - Oran était jalonnée de barrages routiers effectués par l’ALN.

C’est donc le 13 que nous embarquions à la Sénia avec d’autres PN et une dizaine de membres de notre famille dans un avion militaire en direction d’Istres. Nos seuls bagages 2 valises et un transistor « Philips » de chez Lavagne à Arzew. C’est dire la tristesse et le dénuement avec lesquels nous sommes montés dans cet appareil. Pour la quasi-totalité d’entre nous c’était le baptême de l’air (pas pour moi car je l’avais passé à l’Ecole de l’Air de Cap Matifou en octobre 1958).

Nous avons atterri à Istres en fin de matinée, posant ainsi le pied pour la première fois, non pas en France (car nous sommes nés en France département d’Oran) mais dans les Bouches du Rhône autre département français. *petite précision*

Il faisait très chaud et cela nous avait beaucoup surpris.

Un bus nous pris en charge jusqu’à une citée HLM qui venait d’être terminée dans le 11° arrondissement de Marseille. Les appartements étaient vides, il n’y avait que des lits de camp à l’intérieur.

Puis le lendemain, un train nous a mené jusqu’à Béziers où nous avons été pris en charge par les pompiers du village de Montblanc qui se situe à quelques kilomètres de cette ville. C’est donc dans ce village que nous avons vécu le 14 juillet 1962, non sans tristesse en pensant à nos feux d’artifices à nous !

La suite et bien c’est 55 ans de péripéties, d’évènements heureux et malheureux comme tout le monde, dont le bilan s’avère bien sur globalement positif, d’autant que Céline (partie début août) et moi nous avons pût nous retrouver pour continuer à construire ce que nous avions échafaudé à Arzew.

Voilà mon témoignage,… certes il n’a pas le lyrisme de celui de Céline qui postera le sien mais il a le mérite d’exister.

Merci de ton attention. 


----------------ET PASSENT LES SAISONS...........

Apres avoir passé pas mal de temps  au jardin pour les travaux d’automne, me voilà enfin libérée afin de vous faire partager telle est mon habitude,un petit texte sur le jardin et sa saison…

Saisie par la douce  atmosphère qui règne encore dans le jardin alors que l’automne s’installe, je me suis retrouvée sous l’olivier chargé de ses fruits gorgés de soleil de l’été et la je me suis  extasiée de l’automne qui s’installe agréablement, ce qui me laisse le temps de savourer la production variée d’un été qui se meurt lentement.

La verdure et les fleurs qui m’entourent ainsi que quelques grimpantes échevelées par le dernier coup du mistral, suscitent et provoquent en moi émoi et curiosité, d’ou mon engouement pour ce lieu,ou coins et recoins  offrent une alliance tout en subtilité. La douceur des nuances des cosmos hauts sur tiges,éclairent les massifs de leurs  dernières floraisons estivales avec la légèreté et la grâce d’un vol de papillons. Les zinnias et les dahlias cherchent a jouer avec les derniers rayons du soleil. Le matin tout ruisselle de rosée, et sous le soleil cela prend un air de kermesse, le jardin mérite le détour ou se côtoient d’innombrables espèces qui viendront embellir cette fascinante saison d’automne. Chaque saison chasse l’autre et toutes nous dévoilent une mosaïque des plus enjouées.

 

L’automne par exemple recèle maintes floraisons des plus opulentes,dommage qu’aux premiers frimas nous sommes contraints  de déserter ces espaces intimes et chaleureux pour un autre fort heureusement aussi romantique qu’une soirée au coin du feu. Les lauriers roses et les roses trémières n’ont pas dit leurs  derniers mots, ils conservent intact la couleur et le parfum de l’été. Ils apparaissent aussi florissants qu’en plein mois de juillet.. Le laurier rose  reste et restera pour moi prioritaire car il me rappelle mon ALGERIE ,où de partout et dans la moindre ruelle, nous pouvions humer son enivrant et capiteux parfum. Autour de moi tout est volupté et soudain mon regard s’attarde sur la table et le banc en pierre désertés par toute la famille et les convives d’un été joyeux et je me laisse séduire par mon imagination, j’ai comme l’impression que la table me chuchote des regrets et des secrets d’enfance car je me rappelle le jardin de mes parents  et tout ces beaux moments passés en leur compagnie autour de belles tablées et de rires inoubliables, là-bas si loin au pays des beaux jours……Il est temps maintenant de laisser au jardin le droit  de s’accorder le repos  mérité dans ce cadre de calme et de sérénité,pour renaître au printemps aussi prometteur et diversifié que les autres étés, afin de nous réserver de belles surprises.


----------------Suis descendue dans mon jardin

Nous sommes en Octobre où mon jardin s’endort pour une longue période en vous faisant découvrir dans la lumière rasante de l’automne ce que la nature conserve parfois jusqu’aux premiers frimas et qui donne un attrait supplémentaire à la saison qui se meure , genre anthémis, asters,quelques dernières roses qui tentent encore une dernière ascension sur les treillis desséchés par un été torride, leur éclat un peu délavé,mais suffisamment attirant pour avoir envie de les humer.

Les multiples conifères et les buis subsisteront longtemps,ainsi que les lavandes et romarins. Aujourd’hui après un long et rude hiver, le jardin a retrouvé son charme et nous  donne le goût de villégiature pour y découvrir ce réveil printanier. Il s’est teinté d’une désinvolture et romantique audace tant dans ses couleurs que dans la densité de sa verdure. On y découvre toutes sortes de vivaces qui réapparaissent encore plus abondantes et colorées que l’été précèdent,c’est l’avantage de ces espèces,elles reviennent toujours en force.

S’il est vrai que le jardin reflète l’âme de la maison, j’ai alors su trouver des lignes pures et équilibrées qui font de celui ci  l’écrin parfait de la réplique d’une vraie maison du sud. Rien n’est laissé au hasard dans cette épure ou se dégage une agréable atmosphère faisant de chaque lieu,un ensemble rassurant,chaleureux,un jardin qui grandit en beauté au fil des années,pour mon plus grand plaisir

De l’intérieur d’un kiosque d’autrefois, très romantique, fuse d’une auge en pierre ,posée sur une table en fer forgée,un superbe géranium dans un joli camaïeu de rose fuchsia,le banc qui le cerne a l’intérieur vous invite à la méditation, le gazouillis des oiseaux vient sublimer l’harmonie de cet environnement qui envahit les cœurs venus chercher la sérénité.

C’est dans ce havre de paix que je puise ma force,ma raison. Mon jardin je l’ai imagine très méditerranéen,un rêve accompli. Les senteurs vous envoûtent.

Amoureuse de soleil, je m’abreuve de ses rayons,je m’épanouis à la découverte des lieux que j’ai crée,comme le bassin ou quelques poissons rouges évoluent a l’ombre d’un petit pont de bois tapissé de lierre et qui vient l’enjamber gracieusement.

Mon jardin est structuré de petits coins quelque peu insolites qui me surprennent toujours et qui interpelle mes petits enfants qui adorent le jardin de leur mamie,il faut dire que je l’ai agencé,et combine en fonction de leurs désirs,comme le bassin aux poissons rouges. J’attends maintenant la floraison prochaine des voluptueux lys de la madone,des opulents pavots,des fragiles pois de senteurs,des sublimes capucines des fulgurantes clématites et tant d’autres qui par le parfum quelles délivrent me rappelle mon ALGERIE.

Mon premier souci le matin c’est de pouvoir m’accorder du temps pour aller butiner d’une fleur a l’autre je ne raterai jamais ce tendre rendez vous.

Je vous joins quelques clichés de ce début de belle saison et à tous je vous fais une grosse bise avec en fond sonore le bourdonnement des abeilles qui ont prit d’assaut les buissons de lavande & l'olivier, prometteur d’un agréable été …..

 



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